Reportage
Les membres du collectif Sauvons les riches, à l'origine de la manifestation qui s'est tenue vendredi en marge du conseil général des Hauts-de-Seine, n'ont pu remettre à Jean Sarkozy son nouveau diplôme de fils à papa. Même Karima Delli, députée européenne, et Julien Sage, maire adjoint de Nanterre, se sont vus refuser l'entrée. Ce dernier souhaite poser un recours pour faire annuler l'élection du fils du président de la République comme administrateur de l'Epad.
La réunion du conseil général des Hauts-de-Seine, qui a élu sans surprise Jean Sarkozy au poste d'administrateur de l'Epad, devait être une séance publique. C'est-à-dire ouverte à tous, dans les limites de la capacité d'accueil du lieu. Or, des centaines de policiers avaient été déployés dans les boulevards alentour pour en interdire l'accès.
Le happening organisé par Sauvons les riches s'est ainsi retrouvé délocalisé sur un bout de trottoir éloigné du bâtiment. Et quand les militants ont voulu se diriger vers l'entrée du conseil général, ils se sont vus opposer une fin de non recevoir par les forces de l'ordre. Seuls les journalistes accrédités avaient le droit de franchir le cordon de sécurité.

Deux des membres de Sauvons les riches avaient pourtant un argument de poids : leur statut d'élu. Apprenant que Karima Delli (Les Verts) était eurodéputée, les policiers ont fini par la laisser passer, après une discussion au talkie-walkie sur les conséquences médiatiques d'un refus vu le nombre de journalistes présents. Un relâchement de façade. Selon les reporters postés devant le conseil général, la jeune élue n'a pas pu entrer dans la salle des discussions, au prétexte que la salle était pleine.
Julien Sage, maire-adjoint de Nanterre, n'est lui-même pas parvenu à franchir le premier cordon. "Non monsieur, une seule personne", lui ont répondu les policiers. Administrateur à l'Epasa, l'autre établissement du 92 qui doit fusionner avec l'Epad, l'élu local n'a pas digéré la manœuvre et va étudier la possibilité d'un recours juridique pour faire annuler toutes les décisions prises lors de la séance.
Avant cet épilogue fâcheux, les élus locaux opposés à la main-mise du clan Sarkozy sur le 92 avaient tenu à célébrer leur victoire contre le népotisme et réaffirmer leurs inquiétudes concernant la gestion du quartier de la Défense.
Pour l’élu Modem Christophe Grébert, qui a lancé une pétition appelant Jean Sarkozy à renoncer au poste de président de l’Epad, c’est une victoire une victoire pour la mobilisation citoyenne qui s'est manifestée via Internet. Mais la bataille ne fait que commencer, souligne Jean-André Lasserre, Président du groupe municipal d'opposition de Courbevoie.
Outre l'élection de Jean Sarkozy, le conseil général a approuvé le projet de décrets concernant l'extension du quartier d'affaires de la Défense. L’Epad pourrait donc fusionner à terme avec l'Epasa, établissement qui gère lui une partie de Nanterre. Pour accoucher de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense-Seine-Arche (Epadsa). Une perspective qui enchante peu les communes du secteur, appelées à perdre bon nombre de leurs prérogatives.
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