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A partir du 12 octobre sur Canal+
Une histoire de flics qui franchissent allègrement les frontières de la légalité pour appliquer la justice à leur sauce, au risque de devenir à leur tour des voyous. Le pitch de Braquo, la nouvelle série signée Olivier Marchal, fait immanquablement penser à la référence américaine The Shield. Jusqu’où la comparaison tient-elle la route ?
The Shield démarre sur le meurtre du policier Terry Crowley, abattu par son collègue Vic Mackey. Dans Braquo, c’est l’équivalent de Vic, Max Rossi qui meurt d’entrée, en se suicidant après avoir crevé l’œil d’un gardé à vue accusé de viol. Rossi était le chef de l’unité de police judiciaire, celui qui n’hésitait pas à enfreindre les règles pour mener à bien les enquêtes et s’est retrouvé avec l’Inspection Générale des Services (IGS) au cul. Pour laver la mémoire de leur coéquipier, les membres de la brigade de choc désormais dirigée par Eddy Caplan (Jean-Hugues Anglade) vont à leur tour tomber dans le côté obscur de la force. Et à chaque fois qu’ils essaieront de rattraper leurs conneries, ils s’enfonceront un peu plus.
Le casting principal : 40%
Les flics d’Olivier Marchal ont quand même un aspect plus "gueule cassées" que ceux de Shawn Ryan. Ridés, mal rasés, fringués à l’ancienne (blousons de cuir et pulls camionneur de rigueur), nos frenchies n’ont pas l’air de se doucher tous les jours. Leur hygiène de vie est également douteuse : deux paquets de clopes par jour, whisky à gogo et, pour certains, de la coke (Theo Vachewski) ou des putes (Eddy Caplan). A côté, la Strike Team de Vic Mackey – qui sous ses airs patibulaires ne boit pas une goutte d’alcool - passerait presque pour une bande de boy scout.
Les seconds rôles : 70%
Sur le reste du casting, l’analogie avec The Shield est un peu plus flagrante. Dans le rôle du supérieur qui rêve de faire plonger les flics de chocs, le procureur Vanderbeke n’a pas grand-chose à envier à David Aceveda (sauf qu’il n’a pas encore dû tailler un membre de gang). Vogel de l’ISG est aussi entêté et timbré que Jon Kavanaugh (Forest Whitaker). On a également une sorte de Dutch, l’enquêteur fayot souffre douleur de Vic, mais en version obèse. Enfin, Eddy Caplan et sa bande ont également une belle épine dans le pied en la personne de Serge Lemoine, brigand futé qui va bientôt les tenir par les couilles, comme le Antwon Mitchell de The Shield.
Le degré de violence et de glauquitude : 80%
Avec un stylo dans l’œil dès la première scène, Braquo donne le ton. Derrière, Marchal déroule la panoplie : interrogatoire à base de bourres-pifs, meurtres, fusillades, scènes de torture. Violent. Glauque, aussi, quand Theo et Roxanne ouvrent la camionnette d’une pute qui suce un client devant son nouveau-né… qui sera retrouvé peu de temps après dans une benne à ordure. Ce n’est pas encore la scène de la plaque chauffante de The Shield, mais Braquo n’en est qu’à sa première saison. Le langage des personnages est du même acabit, entre insultes, jargon de keuf et répliques chocs. Parfois un peu clichées : "Ça te fais quoi d’enchrister tes collègues, tu baises mieux ta femme ? Non, c’est la tienne que je baise !"
La réalisation : 80%
Caméra à l’épaule, Braquo épouse le style reportage qui a fait le succès de The Shield. L’image tangue, ça zoome et dézoome à l’arrache, bref le téléspectateur est DANS l’action.
Le message : 100%
Sur ce point, on est quasiment dans la fusion. Dans la même veine que Shawn Ryan, Olivier Marchal nous dépeint le portrait de flics qui franchissent la ligne jaune mais restent persuadés d’agir pour la bonne cause. A côté de ses hommes de terrain valeureux et soudés, les chefs sont présentés comme des vautours qui se paluchent dans leur bureau et pointent leur nez pour se pavaner devant les caméras. Et l’IGS comme un ramassis de fouilles merde frustrés aux méthodes de travail tout aussi discutables. Braquo transpire également le vécu de l’ex-flic devenu réalisateur, toujours dans la nostalgie de la police de terrain qui adopte le mode de vie des malfrats pour mieux les cerner. Fuck les nouvelles technologies, Marchal aime les poulets qui avancent les couilles au cul et le calibre à la main. Et nous aussi.

Illus © Tibo & Anouchka / CAPA DRAMA / CANAL+
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