Dans la foulée du succès du Parti Pirate suédois, qui a placé un député au Parlement européen lors des élections de juin 2009, son homologue français se lance à son tour à l’épreuve des urnes, à l’occasion de la législative partielle de la 10e circonscription des Yvelines. Le premier candidat du Parti Pirate de France ? Maxime Rouquet, un étudiant de 23 ans.

Réagissez sur le forum : le Parti Pirate a-t-il un avenir en France ?

A la faveur du tant décrié projet de loi Hadopi, la génération internet a goûté pour la première fois à l'activisme politique. Horrifiés par le texte défendu par Christine Albanel, les geeks ont sonné la révolte sur le web. Certains sont même sortis de leur garage, pour démentir la Ministre de la Culture, qui a depuis laissé sa place à Frédéric Mitterrand.
Une aubaine pour le modeste Parti Pirate de France, fondé en 2006 à l'époque de la loi Dadvsi, qui a été rejoint par quelques uns de ses militants en herbe à la suite de ce grand barouf médiatique. Exactement le profil de Maxime Rouquet, étudiant ingénieur de 23 ans qui affrontera les urnes, le 20 septembre prochain, dans la 10e circonscription des Yvelines où Christine Boutin a décidé de ne pas reprendre son siège après avoir quitté le gouvernement.

Programme anti-Hadopi
"J’ai rejoint le Parti Pirate il y a quelques semaines", explique Maxime, qui déclare avoir "été choqué par le débat autour d’Hadopi". Le jeune homme, sans expérience militante, assure ne pas être dans "une démarche politique". Il a accepté d’essuyer les plâtres pour faire avancer les revendications du mouvement : défense de la vie privée et libération de la culture sur internet.
"Beaucoup de personnes sont déjà conscientes des enjeux de la loi Hadopi. On aimerait que les Français comprennent que l’adresse IP, qui sera utilisée pour sanctionner les internautes, est une donnée facilement falsifiable, et qu’une famille ou une entreprise pourra voir sa connexion coupée même si elle n’est pas responsable."

Si le combat contre Hadopi a mis en lumière ces nouveaux militants, leur passage à l’acte a sans aucun doute été motivé par l’incroyable réussite du Piratpartiet suédois, qui s’était ramassé aux élections générales de 2006 (0,63%) mais a fait taire les rires moqueurs en juin dernier en décrochant un siège au Parlement européen. Le fruit d’un travail de terrain acharné, qui permet au parti fondé par Rickard Falkvinge de revendiquer aujourd’hui plus de 46 000 adhérents. Ce qui en fait la troisième force politique suédoise.

Pirates vs Pirates
Du côté du Parti Pirate de France, on est évidemment loin du compte. Les membres actifs seraient tout au plus une dizaine, selon Maxime Rouquet. De fait, le parti va ouvrir ses premières adhésions officielles après l’élection législative des Yvelines, en surfant sur l’éventuel buzz créé par la campagne et le vote d'Hadopi au Parlement prévu aux alentours du 15 septembre. "On a peu de lisibilité pour l’instant, mais on espère qu’avec cette élection les adhésions arriveront".

Reste aussi à régler les problèmes de doublon avec le Pirate Parti français créé par Rémi Cérésiani, qui souhaite également affronter les urnes. Sans compter le Parti Pirate canal historique (sic), né d'une scission avec le Parti Pirate de France (resic).
"Nous sommes prêts à accepter les gens de tous horizons", glisse Rouquet, évoquant des discussions en cours pour une éventuelle fusion entre ces diverses entités.
Une confusion à dissiper de toute urgence pour contredire ceux pointant du doigt le manque de professionnalisme de ces groupuscules dont le champ d'action se limite encore à l'internet.

Edouard Orozco




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