Néodruidisme, véganisme, décroissance… Des courants d’ères apocalyptiques que l’on peut apparenter de près ou de loin à la mouvance écologique. Incollables en ressources planétaires, les écolos le sont également en néologismes barbares.

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Le parti écolo a toujours été un agglomérat de courants aussi difficiles à lier qu’une pâte à pain sans farine. L’occasion de nous pencher sur les quelques associations, groupes ou courants, aux idées parfois farfelues qui aiment Dame Nature.

Le néodruidisme

A ne pas confondre avec le druidisme (fondements de la religion du peuple celte), le néodruidisme est né en 1717 sous la faux de John Toland. En 1781, Henry Hurle fonde un second mouvement et en 1792 Lolo Morganwg un troisième. Même si certains le revendiquent, il n’existe pas de filiation remontant aux druides de l’antiquité.

Question. Mais quel est le rapport avec l’écologie ? Justement. D’inspiration maçonnique, les nouveaux Panoramix, qui n’ont ni inventé le fil à couper le beurre ni la potion magique, prônent l’harmonie avec la nature. Sacrée la terre, sacrée la nature. Esotérisme et écologie ont souvent fricoté, les communautés des années 60-70 le prouvent.

Agoravox a récemment consacré un article à John Michael Greer, président de L’Ancient Order of Druids in America (AODA), le qualifiant d’anti-prophète de la décroissance. Dans son livre, How Civilizations Fall : A Theory of Catabolic Collapse, Greer prédit l’épuisement des ressources et, par conséquent, un ralentissement puis une chute de la croissance à l’échelle mondiale. Et c’est bien ce qui l’oppose aux chantres de la décroissance. Si ces derniers cherchent à ralentir la croissance à travers la réduction des naissances et des énergies fossiles, lui envisage cela comme un cycle naturel qui adviendra le temps venu. L’observateur druidique se refuse à donner des solutions globales et prêche la responsabilité individuelle, même s’il concède qu’à un moment ou un autre, faudra bien s’organiser collectivement.

Défaut : Philosophes de l’irrémédiable

Qualité : Le déguisement

Figure française : Le père Fouras

Le véganisme

Le véganisme est la branche radicale du straight edge. Voilà. Comment ça c’est pas clair. Bon, ok… deux, trois compléments d’informations s’imposent. Lié à la musique Hardcore et à la chanson de Minor Threat " I've got the straight edge", le straight edge consiste à mener une vie aux antipodes de celle de Pete Doherty. En gros, pas d’alcool, de drogue et de baise si on n’est pas amoureux. Une fois encore, la corrélation avec les écologistes ne va pas de soi. Patience.

Le véganisme, la frange radicale du straight edge pousse le bouchon et là, ça ne rigole plus. Rien ne bouge pour l’alcool et la drogue, en revanche l’amour c’est pas avant le mariage et surtout pas avec un animal. L’animal on n’y touche pas sauf pour lui faire des caresses… et encore. Végétalien (pas de viande, d’œufs, de miel ou de lait), le vegan ne daigne pas non plus porter ne serait-ce qu'une maille sur lui (cuir, laine…). L’idée n’est pas juste de garder la ligne grâce à un régime strict mais trouve une portée beaucoup plus politique. Plus répandue en Suède qu’en France, ce mouvement est souvent rattaché au Front de Libération des animaux.

Un exemple à ne pas citer se réclame du véganisme, Vegan Reich, groupe de Punk Hardcore. Contre le sexisme et le racisme, prônant l’homophobie et le droit des animaux, les troubadours punk sont aussi fiévreusement anti-avortement. Comme quoi on peut être la moitié d'un gros con.

Défaut : Pas drôles

Qualité : Gentils (à quelques exceptions)

Figure française : Brigitte Bardot (une exception)

Les décroissants

"La décroissance est inéluctable (…) Ce n'est pas qu'une question de changement de technologie, c'est un changement de civilisation. Inutile de faire du solaire ou de l'éolien avec notre mode de vie occidental, ça ne marchera pas.", déclare le Vert Yves Cochet.

Partant du principe énoncé plus haut par John Michael Greer, les décroissants sont anti-mondialisation, anti-productivisme, anti-capitaliste et anti-plein-de-trucs. Ils souhaitent limiter les dépenses effrénées des ressources énergétiques mondiales et réduire la croissance à zéro en changeant les habitudes des hommes.

Les nouvelles valeurs : lenteur, abstinence et convivialité. Un nouvel humanisme basé sur "une société de frugalité" selon l’universitaire François Brune. Valeurs, homme nouveau, sont autant des thèmes ou de mots qui suscitent l’effroi tant ils rappellent un passé européen pas si lointain. L’amalgame est courant. Est-il valable pour autant ? Rien n’est moins sûr. Et si ça "vend" pas du rêve, ça laisse tout de même présager d’un futur moins apocalyptique.

Défaut : Rabats-joie

Qualité : Héros de nos arrière arrière arrière petits enfants

Figure française : Yves Cochet

Rémi Métriau