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Décryptage d'un phénomène en vogue
Le graffiti a la cote. On le retrouve aujourd'hui dans les grandes salles de vente et les galeries d'art. Bien loin de son contexte d'origine, les rues populaires de New York. Décryptage du phénomène.
Laurence Parisot, patronne du Medef, avoue elle-même un penchant pour le street art, selon le quotidien Les Echos... C'est dire que le graff est rentré dans le giron de la récupération marchande. En une petite quarantaine d'années, une ascension sociale fulgurante a vu les artistes de la rue portés au pinacle par quelques critiques et marchands d'art, quitte à oublier, ou à minimiser le contexte social d'où émergea le mouvement.
Aujourd'hui, en France, de nombreuses galeries d'art consacrent des expositions entières au street art (ou urban art), comme la galerie Magda Danysz à Paris, qui représente les artistes américains West, Obey ou JonOne, et publiera à l'automne une anthologie du graffiti. Certaines galeries se spécialisent même dans l'urban art, comme Studio 55, dans le 15e arrondissement, qui soutient les graffeurs français. Des institutions majeures présentent des expositions de graffs, comme TAG au Grand Palais, au printemps dernier, ou Né dans la rue actuellement à la Fondation Cartier. Le marché de l'art s'affole, et le street art, l'un des seuls domaines de création dont la cote soit en hausse (partie d'assez bas, il est vrai), envahit les grandes salles de ventes, comme Artcurial en décembre dernier, ou Millon-Cornette de Saint Cyr il y a quelques jours.
Phénomène concomitant, le graffiti, art graphique au départ illégal et donc anonyme, a maintenant ses stars, comme le Britannique Banksy, auquel le Bristol Museum consacre cet été une exposition. Auteur de pochoirs portant souvent un message politique et combinant textes et images, Banksy a tagué le mur de Gaza, accroché au Louvre une toile reproduisant Mona Lisa avec un smiley, ou customisé des albums de Paris Hilton. Aujourd'hui ses œuvres se vendent plus de 100 000 euros pièce. Le Français Zevs (référence au RER ZEVS, qui faillit l'écraser en 1992 alors qu'il réalisait un graffiti, mais à prononcer « Zeus »), 31 ans, représenté par la galerie Patricia Dorfmann, réalise des happenings urbains, expose à la Ny Carlsberk Glyptothek de Copenhague et dans la chicissime galerie zurichoise De Pury & Luxembourg. Prix des œuvres : 5000 à 15 000 euros. L'avenir du street art est assuré, semble-t-il, mais plus forcément dans la rue, où les services municipaux n'ont pas lâché le Kärcher.
Illustrations
1. Joao Wainer, Sao Paulo, 2009
2. Banksy, Graffiti in Bethlehem. Photo: Pawel Ryszawa
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Grafitti à la Fondation Cartier
Consacrée au graffiti et au street art, l’exposition Né dans la rue met en lumière la vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York...
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