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Cherchez-vous à vous évader, ou à vous retrouver ? Selon vos dispositions, faîtes votre choix parmi notre sélection de romans (littérature générale).
1. A moi pour toujours et Rêves de garçons de Laura Kasischke
Ca raconte quoi :
A moi pour toujours met en scène une Emma Bovary qui enseigne dans une modeste université. Elle reçoit le jour de la Saint-Valentin contenant un "Sois à moi pour toujours". Quelques quiproquos plus tard, Sherry Seymour ne pourra plus se plaindre de l'ennui.
Dans Rêves de garçons, trois cheerleaders partent en colonie. Au programme, discussions gentiment sacrilèges et draguouilles de beaux gosses. Trois garçons se mettent à les suivre et la filature commence à durer...
En fait il s'agit de quoi :
Si vous partez en vacances précisément pour oublier l'ennui qui rythme votre vie banale de membre de la classe moyenne en déroute, vous ne devriez pas lire Laura Kasischke.
L'horreur couve toujours chez cette écrivaine largement méconnue du grand public : la décadence derrière le puritanisme faux-derche, le meurtre derrière les rideaux proprets de l'enfer pavillonnaire.
Sans le style singulier de Kasichke, et sa capacité à créer des atmosphères glaçants en quelques coups de crayon, tout cela paraitrait assez commun. Derrière quelques principes de mise en scène sans cesse reproduits (évidemment c'est une obsessionnelle), le visage des souffrances n'est pourtant jamais tout à fait le même et la plupart du temps on est bluffé. Ajoutons pour finir une dimension érotique parfaitement maitrisée.
On le lit où
: Dans la chambre d'hotel d'un pays dont on ne connait pas la langue, la fenêtre ouverte, (toute) la nuit.
2. Le destin miraculeux d'Edgar Mint de Brady Udall
Ca raconte quoi :
Edgar a sept ans quand le facteur lui roule sur la tête. Evénement fondateur d'une nouvelle vie – il a pour l'essentiel oublié l'ancienne – d'un gamin miraculé. Après un coma et la convalescence dans un improbable hopital, Edgar décide de retrouver le facteur responsable de son accident mais est envoyé dans un établissement scolaire sordide.... et là vous n'êtes même pas encore à la moitié de l'ouvrage.
En fait il s'agit de quoi :
Brady Udall, prof de creative writing et excellent nouvelliste, décrit la résilience exceptionnelle des mômes et leur aptitude à transformer la vie des adultes.
On le lit où :
Hospitalisé après un accident de surf, ou dans l'avion qui vous mène aux Antilles ( neuf heures de vol, c'est bien). Ca marche aussi dans votre studio, pour oublier que vous n'avez jamais assez de thunes pour partir en vacances.
3. Une oeuvre déchirante d'un génie renversant de Dave Eggers
Ca raconte quoi :
Eggers, enfant chéri des lettres west-coast, narre sur 500 pages comment il s'occupe de son jeune frère adoré, monte des magazines foutraques et généreux ou tente de participer à des castings de téléréalité.
En fait il s'agit de quoi :
L'exemple le plus abouti d'autobiographie post-moderne. Et c'est quoi, une autobiographie machintruc ? Disons une version romancée, ironique et explicitement consciente de sa propre vie. Brillant mais poseur, son livre agace autant qu'il séduit, comme seuls savent le faire les enfants gatés. Sympa, Dave Eggers nous conseille de zapper une centaine de pages au beau milieu du roman.
On le lit où :
Une oeuvre déchirante... accompagnera idéalement vos week-ends chez un oncle du sud-ouest, où vous vous surprendrez à regarder votre atroce petit neveu avec affection.
En savoir plus : lire un billet sur Pourquoi nous avons faim, autre ouvrage de Dave Eggers
4. Doggy bag de Philippe Djian
Ca raconte quoi :
L'histoire de la famille Sollens, deux frères qui ont repris le garage familial – et ont partagé également la même femme, un père vaguement magouilleur et une mère à qui il va arriver quelque chose d'horrible.
En fait il s'agit de quoi :
On en parle surtout parce que le premier volume est sorti en poche. Le Doggy bag de Philippe Djian est l'équivalent littéraire d'une série télévisée. Ecrite sans fioriture, la saga souffre parfois de la faiblesse de l'intrigue mais se rattrape par quelques personnages réussis. Détente pas trop idiote.
On le lit où :
allongé et moite sur son lit quand le jour brûlant décline. Si possible avec quelqu'un à côté parce que lire Djian (me) donne souvent envie de baiser.
En savoir plus : Doggy bag I et II et la short-list Philippe Djian sur le mag livres.
5. Je pense à toi tous les jours de Héléna Villovitch

Ca raconte quoi :
Villovitch observe les galères de boulot et les problèmes de cul des trentenaires urbains.
En fait il s'agit de quoi :
Le titre fait penser à du Anna Gavalda et à bien y regarder, il participe également de ce souci de peindre des choses anodines par des textes courts... et anodins. On devrait donc la fuir comme la peste et pourtant Villovitch réussit à accrocher le lecteur avec ce drôle de roman qui est plus un collage de textes - et de photos prises par elle-même. Sans ambition mais plutôt finement joué.
On le lit où :
A une terrasse de café, en se moquant de son voisin qui lit Anna Gavalda justement.
6. Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier

Ca raconte quoi :
La lecture d'un auteur portugais inconnu, Amadeu Inacio de Almeida Prado, va pousser un professeur érudit sur ses traces. Le médecin poète fut aussi un des opposants actifs à la dictature de Salazar.
En fait il s'agit de quoi :
Tous ceux qui goûtent cette esthétique du renoncement discret, dont Lisbonne s'est faite l'ambassadrice absolue, adoreront ce roman du Suisse germanophone Pascal Mercier. Le professeur va rencontrer tous ceux qui ont croisé la route de ce personnage fantomatique qui évoque Pessoa et l'effacement à l'origine de la littérature. Magnifique.
On le lit où :
En terrasse dans le quartier de l'Alfama avant de rentrer en spéculant le long des ruelles escarpées.
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