Le studio GRIN s’est montré prolifique cette année, en sortant à la suite Wanted Weapons of Fate, Bionic Commando et Terminator Renaissance. Wanted a été, malgré de bonnes idées, un jeu très moyen, et n’a pas su redorer le blason des adaptations vidéoludiques.
Terminator Renaissance veut pour sa part se démarquer, en servant de prequel au film. Au lieu de s’en inspirer, il veut le nourrir et lui donner du contexte. La démarche est louable, mais le poids du cahier des charges aura vite écrasé les bonnes intentions de GRIN.


Terminator Renaissance, le film, sur la rubrique ciné

Terminator Renaissance le jeu se déroule deux ans avant le film. Vous incarnez John Connor et votre but sera d’aller du point A au point B pour sauver trois . Merci d’être venu.
L’histoire du jeu est tellement faible que ce résumé suffit. Terminator Renaissance montre dès le départ les signes avant-coureurs d’un produit formaté, qui tente de se glisser dans le moule de Gears of War sans parvenir à le remplir.

L’indigence du scénario nous rappelle le film, qui lui-même n’est qu’un enchaînement de scènes d’action débridées. Afin de ne pas éclipser la narration de l’original, on a l’impression que le jeu s’est senti obligé d’être encore plus creux. Les cinématiques sont souvent mauvaises, la faute à un découpage raté et un doublage monocorde qu’on croirait réalisé par une équipe de sonorisation Turque.
Avec cette base, Terminator Renaissance s’enlise dans une action en pointillés à laquelle il manque le rythme forcené du film.

Terminator Renaissance s’inspire de Gears of War et de tous les jeux de tir à la troisième personne qui exploitent un système de couverture pour diversifier les affrontements. Il reprend également de nombreux éléments de game-design élaborés pour Wanted et hérite ainsi d’une couverture efficace qui permet au joueur de traverse un niveau sans presque jamais s’exposer aux tirs. C’est d’ailleurs le seul aspect vraiment réussi du jeu.

Escarmouche, course à pieds, escarmouche. Rincez, répétez. Les combats avec les robots ne sont pas que répétitifs par leur fréquence et le manqué de mise en scène dont ils souffrent, mais surtout par le manqué de variété des modèles.

Trois-quatre types d’ennemis avec chacun leur point faible vont se dresser sur votre route, en essayant de cacher leurs points faibles le temps de deux rafales. Chacun possède une faiblesse que vous devrez utiliser si vous ne voulez pas réécrire le futur, puisque les adversaires peuvent vous exécuter en une seule attaque.

Heureusement, John Connor est le chef de la résistance. A ses côtés, d’autres résistants qui feront diversion ou contourneront l’ennemi pour tirer sur ses points vitaux. Souligner l’inégalité des chances entre homme et machine avait son charme, dommage que l’Intelligence Artificielle soit plus artificielle qu’intelligente.
Soit les co-équipiers partiront droit devant et déclencheront les fusillades avec les robots, soit ils vous laisseront vous faire massacrer en restant en retrait sans raison. Pour accentuer notre détresse de joueur, l’esthétique réaliste-grisouille du jeu empêche de discerner facilement ennemis et décor. Il arrive donc souvent qu’on se fasse tuer sans savoir d’où venaient les balles.

Après la 30e mort stupide, le triple d’écrans de chargement, des phases de tir sur rail sans ambition, on finit par venir à bout de l’aventure en 3 heures maximum. Pour une rejouabilité nulle et un contenu aussi palpitant que la reproduction des concombres de mer, devoir payer 65€ pour Terminator Renaissance est de la grande escroquerie.

Terminator Renaissance vient grossir le charnier des adaptations-poubelles qui capitalisent sur un nom de licence et poussent les studios à sortir des clones débiles de jeux populaires.
X-Men Origins Wolverine avait fait l’impossible en étant meilleur que le film, grâce à l’obstination d’un studio de développement nerd et à un film tellement mauvais qu’il était dur de faire pire. Après cet exploit, la médiocrité de Terminator Renaissance le jeu est d’autant plus impardonnable.

Les critiques américains ont crucifié le film en disant qu’il ressemblait à un jeu vidéo, au sens le plus péjoratif du terme. Imaginez donc ce que vaut un mauvais jeu vidéo tiré d'un film qui ressemble à un jeu vidéo.

Terminator Renaissance
Développeur : GRIN
Editeur : Warner Bros Interactive Entertainment
Sortie en France : 29 mai 2009

Rémi Vermont




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