GTA-Like – PS3 – Xbox 360 – PC – Sortie en France le 26 mars 2009
The Wheelman est un jeu malade qui aura été bercé trop près du mur pendant tout son développement. Il est, à la différence d’Assault on Dark Athena, une propriété intellectuelle originale qui exploite l’image populaire de Vin Diesel.
En donnant ses traits à incarnant Milo Burik, il cristallise toutes ses pensées sur le typecasting, tout en s’affirmant comme personnage d’action virtuel. Il arrive pourtant parfois que les costumes qu’on croyait taillés sur mesures soient trop étroits pour le client.
Tous les ingrédients sont rassemblés pour faire un bon produit Vin Diesel(/people]. L’immigré sûr de lui, les courses-poursuites, le cadre ensoleillé, les cascades et les fusillades. Ce Grand Theft Auto façon Fast & Furious est calibré autour du personnage principal qu’incarne l’acteur.
Le produit est résolument orienté vers les fans de ses films, il ne s’en cache pas, et va tenter d’exploiter cette devanture pour ratisser large. Sur le papier, l’idée est pertinente, mais quand on prend le jeu en main, on s’aperçoit qu’une bonne étude de marché ne peut pas sauver une réalisation médiocre.
The Wheelman se sépare en trois parties qui vont de l’excellent à l’insipide. Le pire du jeu se trouve dans les phases à pied. L’animation est maladroite et rigide, les textures des décors sont baveuses. Ce qu’on trouvait assez joli de loin devient embarrassant vu de près, surtout que les combats à pied manquent de précision.
Cette échelle macro est la moins flatteuse pour The Wheelman et sert de loupe à défauts. La visée automatique décime les ennemis crétins par douzaines dans des phases en manque de souffle. Elles ne font que confirmer le manque de finition qu’on ressent au cours des parties, la sensation d’un jeu terminé à la hâte et qui peine à convaincre.
Lorsqu’on monte à bord d’un véhicule, cette impression s’estompe un peu les premières minutes. Les sites touristiques de Barcelone font diversion le temps de remarquer la platitude du terrain, la redondance des façades. On se concentre alors sur la route pour noter le vide sur l’asphalte. Les voitures sont peu nombreuses et les piétons se font rares. On nourrit progressivement des craintes pour l’action alors que rien ne se passe entre les bâtiments.
Heureusement, The Wheelman se sauve in-extremis de la poubelle à daubes grâce à ses missions. Qu’elles soient principales ou annexes, la carte nous permet de passer outre le traditionnel trajet en voiture pour se téléporter directement au départ du segment. C’est une bonne idée de game-design qui vient se greffer à un gameplay en rôdage.
La plupart des missions consistent à couvrir une distance en semant ou en éliminant ses poursuivants, et pour ce faire, les itinéraires choisis rivalisent d’absurdité avec les cascades possibles. On sent que Midway Games a voulu compenser le manque d’activité dans les rues de Barcelone en donnant à son système de poursuite une dimension très spectaculaire. La visée automatique montre son utilité pendant que des mouvements faciles d’accès diversifient l’action.
Le plus mémorable étant le demi-tour à 180° pour faire face à un rival, continuer son chemin en marche arrière tout en le criblant de balles. Les changements de véhicules à la volée font penser à Just Cause, un autre GTA-Like en terrain ouvert qui s’amusait avec la démesure de son action. Les éjections d’ennemis sur le bas-côté rappellent Burnout par leurs conséquences désastreuses sur le décor.
The Wheelman se résume à un jeu de course-poursuite très grisant doté d’un support à la GTA assez minable. Le game-design d’une seule phase n’arrive toutefois pas à masquer le vide de la campagne principale, ni la vacuité des objectifs secondaires. La difficulté mal dosée dessert des missions mal ficelées et scénarisées en catastrophe. Par ses faiblesses, The Wheelman fait penser à True Crime, qui, s’il avait lui aussi des moments de brillance, s’enlisait dans une finition douteuse.
Représentatif d’une propriété intellectuelle élaborée avec soin pour satisfaire un public ciblé, The Wheelman est aussi l’exemple-type d’un projet à la gestation difficile qui n’atteindra jamais son potentiel.
Ne reste qu’un jeu qui a tous les travers d’un mauvais film d’action, bruyant, pataud et dont tout le monde aura oublié le titre d’ici un an.

The Wheelman
Développeur : Midway Games
Editeur : Ubisoft
Sortie en France : 26 mars 2009