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"Les années parisiennes 1926-1933", au Centre Pompidou, jusqu'au 20 juillet 2009
Les sept années parisiennes d'Alexander Calder, section chronologique essentielle dans l'œuvre d'un artiste surtout connu pour ses fameux Mobiles, font l'objet d'une exposition au Centre Pompidou. Où l'on voit qu'à se frotter au surréalisme, l'artiste y a gagné de la matière à sa poésie du jeu.
Le Cirque Calder
C'est la passion de Calder pour l'univers du cirque que montre la première partie de l'exposition du Centre Pompidou, avec notamment la présentation du Cirque Calder, prêt exceptionnel du Whitney Museum of American Art de New York, co-organisateur de l'exposition. Elaborée à Paris de 1926 à 1931, cette installation est constituée d'une piste et d'un chapiteau, sous lequel sont actionnées, comme des marionnettes, des centaines de figurines réalisées à partir de matériaux de récupération. Univers autonome, le Cirque Calder ravira le public parisien, et notamment le cercle surréaliste, lors de séances qui tenaient autant de la performance que du spectacle pour enfants.
Une épiphanie en fil de fer
Exercé par cette entreprise monumentale à reconstituer en fil de fer n'importe quelle forme du vivant, Calder va alors commencer à développer cette technique pour créer des figures de plus en plus synthétiques. Alliant plaisir de la ligne et simplicité du procédé, ses sculptures en fil de fer se situent dans la droite ligne des recherches de l'art moderne sur la forme, contemporaine de celles de Picasso ou Giacometti.
Dans les portraits notamment, la notion de point de vue est fondamentale, puisque le profil véritable ne se révèle que sous un certain angle, dévoilant la subjectivité du regard et la co-présence de plusieurs réalités, éléments essentiels de la doctrine surréaliste. Le surgissement de l'image, chez Calder, est un avènement, une épiphanie, comme ces figures que l'on voit soudainement apparaître dans un ciel nuageux ou dans les nœuds du bois.
L'art de l'ellipse
Humour et légèreté rappellent que Calder fut un enfant artiste, puis un artiste enfant, en particulier dans la série des Pigs aux pis et queues en tire-bouchon, ou dans celle consacrée à Josephine Baker, qui fait jaillir toute la gaieté des Années folles. Les volumes s'inversent, on ne saurait distinguer les vides des pleins. Malgré l'aspect fragile et aléatoire de ses sculptures, Calder parvient à une grande vérité des formes, concrétisées par l'ombre de leur profil visible sur les cimaises du musée. La sculpture devient alors dessin. Cet art de l'ellipse, cette esthétique du trait continu se retrouve d'ailleurs dans les dessins rapides de Calder.
Au contact de Mondrian, le sculpteur va ensuite se tourner vers l'abstraction, et se consacrer à la ligne et au cercle. Les formes deviennent à la fois primitives et cosmiques, la recherche du mouvement apparaît, en prélude aux Mobiles qui feront la renommée de l'artiste.
"Alexander Calder. Les années parisiennes 1926-1933", au Centre Pompidou, jusqu'au 20 juillet 2009.
Illustrations :
1. Cirque Calder, 1926-1931 (détail). New York, Whitney Museum of American Art, New York, Purchase, with funds from a public fundraising campaign in May 1982.
Photo © Whitney Museum of American Art. Alexander Calder © 2008 Calder Foundation, New York/Artists Rights Society (ARS), New York
2. Joséphine Baker IV, vers 1928. Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, don de l’artiste, 1966
© 2008 Calder Foundation, New York / ADAGP
3. Untitled (Monkey), 1925. New York, Calder Foundation
© 2008 Calder Foundation, New York / ADAGP
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