Le musée du Louvre propose dans une exposition didactique une exploration initiatique des cycles de la vie et de la mort dans l'Egypte ancienne. Du néant originel aux « Portes du Ciel », suivez le guide.


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Le Louvre entretient avec l'Égypte un lien particulier, depuis la campagne d'Égypte de Bonaparte, qui y déposa de nombreuses œuvres arrachées aux sites antiques, jusqu'à la construction de la pyramide en verre de Ieoh Ming Pei en 1989. Pourtant, depuis sept ans, le musée n'avait pas consacré une exposition d'importance à l'archéologie égyptienne, dont le Département est pourtant l'un des phares de l'institution.

Un parcours initiatique

L'histoire et les mythes égyptiens étant d'une grande complexité, il fallait trouver un thème transversal, en dosant savamment le cocktail de mystère, d'exotisme et de beauté qui alimentent depuis deux siècles une égyptomanie bien française. C'est chose faite avec l'exposition « Les Portes du Ciel. Visions du monde dans l'Egypte ancienne », qui rassemble, sous l'égide de Marc Etienne, conservateur au Louvre, quelques 300 objets (provenant majoritairement du musée) qui, de la création de l'Univers à l'entrée dans l'Eternité, illustrent la formidable poésie des mythes égyptiens.

L'exposition, dont la matière même exige d'indispensables renforts pédagogiques, est conçue sous forme de parcours initiatique et se laisse traverser comme un récit. Au commencement, donc, Noun, le « père des dieux », est une étendue liquide d'où émerge peu à peu une surface solide, la terre. Au-dessus, le ciel, peuplé par les divinités, au-dessous, la douat, où résident les morts, et entre ces trois espaces, de mystérieux passages...

Osiris au cœur de la mythologie égyptienne

Le mythe d'Osiris est au cœur de la mythologie égyptienne, et par conséquent de l'exposition du Louvre. Héritier d'Atoum, créateur de l'Univers, le dieu est décapité par son frère Seth, avant d'être vengé par son fils Horus, à tête de faucon. Osiris, généralement représenté momifié, les bras en croix tenant les sceptres royaux, est le premier roi d'Egypte, et l'archétype du pharaon idéal. Il est le garant de l'éternité du monde, sans cesse menacé d'un retour à l'état indéfini originel.

À l'est et à l'ouest, les portes du Ciel marquent par leurs ouvertures éternelles la succession des jours et des nuits. L'Occident est une déesse, Imentet, qui au soir accueille le soleil, et, au crépuscule de leur vie, les morts. La nuit, le ciel a pour nom Nout, déesse au corps couleur bleu nuit parsemé d'étoiles, qui avale le soleil le soir et l'enfante au matin...

Survivre corps et âme

L'au-delà, la douat, demeure d'Osiris, est à la fois sous-terrain et céleste, puisque le soleil le parcourt la nuit. C'est une image inversée du monde. Là sont les dépouilles des morts, tandis que leurs doubles spirituels, le ka et le ba, libérés du corps, survivent grâce à la préservation du corps et du nom du défunt.

La momification fait du corps un tabernacle pour ces entités spirituelles qui entrent et sortent au gré des rites. La chapelle du tombeau est une sorte de sas, dont la « fausse porte » les empêche de sortir dans le monde des vivants où elles sont redoutées. Sur les parois de ces chapelles funéraires, des peintures ou reliefs rappellent la vie quotidienne du mort, ainsi prolongée dans l'au-delà.

Le temple, enfin, est dans le paysage égyptien un lieu intermédiaire entre les dieux et les hommes, les morts et les vivants. Le sacré, lui, est partout.

Les Portes du Ciel. Visions du monde dans l'Egypte ancienne, au musée du Louvre, jusqu'au 29 juin 2009.

Légendes des illustrations :

1. Fragment de stèle représentant le dieu Osiris protégé par ses sœurs, en compagnie des déesses Maât et Imentet. Calcaire. Nouvel Empire, vers 1295 av. J.C. Leyde, Rijksmuseum van Oudheden © Rijksmuseum van Oudheden

2. Fragment d'enveloppe en cartonnage de Padiouf : l'œil oudjat. Toile agglomérée, stuquée et peinte. Troisième période intermédiaire, 945-715 av. J.C. Paris, musée du Louvre © 2006 Musée du Louvre/Georges Poncet

3. Sarcophage de la dame Tanethep, ouvert (détail). Grauwacke, diorite. Epoque ptolémaïque, IIe siècle av. J.C. Paris, musée du Louvre © 2006 Musée du Louvre/Georges Poncet

Magali Lesauvage



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