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La nouvelle série de Showtime
Comment être mère quand on souffre de trouble de la personnalité ? Si c'était l'unique question à laquelle tentait de répondre United States of Tara, dernière série de Showtime, il aurait été difficile d'en faire une comédie. Heureusement la série creuse plus loin en s'intéressant à la cellule familiale.
Dans la tradition Showtime
En réactivant l'idée de cellule familiale, United States of Tara (UST) ne fait pas dans le neuf. La série ressemble même par moment à Weeds dans le registre de la comédie à postulat tragique (que les américains abrègent dramedy). Tara tente de faire ce qu'elle peut pour vivre quotidiennement avec ses troubles comportementaux comme Nancy dans Weeds tente de vivre sans le sou et d'entretenir sa famille en trafiquant de l'herbe. Par moment, cela pourrait même lorgner vers Californication avec les deux enfants très adultes : la jeune fille entreprend un boulot à mi-temps, le garçon se passionne pour l'art cinématographie et Louise Brooks.
Ce n'est d'ailleurs pas une surprise : les trois séries sont sur la même chaîne, Showtime, et aucune n'évite les sujets polémiques. Dans UST, la mise en scène n'hésite pas à choquer avec les différentes personnalités de son personnage principal, comme lorsque, sous le contrôle d'un de ses alter egos, elle urine dans le lit de son père venu un week-end afin de le faire croire incontinent. Il faut dire que les producteurs ont choisi l'actrice parfaite : Toni Colette. Plutôt connue par le cinéma (Muriel, Sixième Sens, Little Miss Sunshine), UST est sa première incursion dans le monde des séries. Le rôle est à la hauteur de son talent. Elle interprète chacune des personnalités de Tara sans jamais sombrer dans la caricature, changeant d'attitude, de maintien et même de tête avec un naturel déroutant.
À chacun son trouble
Mais s'il n'y avait que la performance de son actrice principale, on se lasserait un peu vite des multiples transferts (heureusement, d'ailleurs, elle ne se « transforme » pas à chaque épisode). Et c'est en réalité la famille autour de Tara qui rend la série intéressante. Le mari, Max (John Corbett), tente d'être les deux parents à la fois et cherche à soutenir sa femme, lui donner un rôle dans l'éducation des enfants ainsi qu'à réussir à maintenir à flots une vie sexuelle tourmentée par les personnalités avec lesquelles il ne doit pas coucher. Marshall, le fils, est sous le charme d'un garçon outrageusement catholique que T. (la Tara bloquée à 16 ans) questionne de front : "t'es gay ou pas ?". Kate cherche une indépendance introuvable avec Alice, la super-maman intrusive et infantilisante qui lui lave la bouche au savon. C'est tout cela qui fait le sel et l'intérêt de la série : l'idée (certes pas hyper originale) que tous ont des troubles de comportement. Ceux de Tara sont visibles, ceux de sa famille sont cachés. Et évidemment, les multiples personnalités de Tara sont autant de catharsis pour les autres.
À l'origine du programme – aussi étonnant que cela puisse paraître – il y a Steven Spielberg. Il produit la série et a confié l'écriture ainsi que la production exécutive à Diablo Cody, la scénariste oscarisée en 2008 pour le film Juno, dont on sent d'ailleurs la patte sur certains personnages, notamment T. L'autre scénariste est Alexa Junge, productrice et scénariste pour The West Wing et Friends… qui doit être là pour s'assurer que la jeune Cody respecte les règles de l'art.
Sans être révolutionnaire, United States of Tara reste une série bien écrite et surtout magistralement interprétée. Et son succès lui a permis d'être reconduite pour une seconde saison.

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