Histoire du cinéma porno (4/6)
Après l’euphorie des années 1970, le réveil est rude pour le cinéma porno. Confronté à la montée d’un nouveau conservatisme sexuel, il va devoir faire profil bas tout au long des années 80, pourtant années drogue et fric. Mais l’invention du magnétoscope et de la caméra vidéo lui apporteront bien vite un nouveau souffle.
Canal X
A côté du développement de la vidéo, une autre évolution frappe le monde du cinéma porno. Cette évolution, c’est celle de la télévision par câble. En France, la création de Canal Plus marque l’ouverture d’un nouveau marché, qui n’ignorera pas la pornographie. Il faut pourtant plusieurs années pour que les dirigeants de Canal Plus se décident : la première projection d’un film pornographique sur la chaîne câblée date du samedi 31 août 1985, à minuit. Plus que le sport, c’est cette nouvelle fenêtre (qui a sur les salles de cinéma et les vidéo-club l’avantage d’être anonyme et à portée de la main) qui va conduire de nombreuses personnes à s’y abonner. En détournant les consommateurs de pornographie aussi bien que les curieux des circuits traditionnels du cinéma X, Canal Plus va jouer un rôle de plus en plus important dans la survie du porno français. Au milieu des années 1990, la chaîne sera même considérée comme pouvant assurer à elle toute seule la rentabilité d’un film – en même temps qu’elle en redéfinissait les codes par le subtil réseau d’interdits présidant à leur sélection. Le réalisateur et producteur Marc Dorcel l’aura compris avant tout le monde : il deviendra le premier fournisseur de la chaîne, celle-ci apportant en contrepartie la célébrité à sa société.
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