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Histoire du cinéma porno (1/6)
Dernier-né de la famille des genres mineurs du cinéma, le porno semble n’avoir éprouvé qu’un seul désir : rattraper en hystérie ce qu’il avait perdu en temps. Apparu avec les années 1970, il a traversé quatre décennies où tous les fantasmes pouvant naître dans l'esprit d'un être humain auront été testés avec une sorte d'urgence fiévreuse. Tous - en attendant de nouveaux.
Du porno scénarisé au gonzo
C’est cette curiosité, plus que la loi ou les mœurs, qui a fait l’histoire du cinéma pornographique. Sidérée, à la fin des années 1960, de pouvoir apercevoir des sexes en érection pénétrer des vagins alors poilus, elle va progressivement conduire les pornographes à lui offrir de quoi satisfaire tous les goûts qu’elle est capable de manifester. Sodomie, double pénétration, bestialité, SM soft puis hard, déguisements, simulation d’inceste, quasi-pédophilie : au cours des années, plus aucune pratique sexuelle n’est restée exclue du marché du cinéma X, puis de la vidéo X, du DVD, et désormais des sites spécialisés. De même, à côté de cette évolution dans les pratiques et les supports, le porno va connaître une évolution dans la représentation : cela fait longtemps que les films très scénarisés des années 1970 ont cédé la part du lion à des bandes faites de scène de sexe tournées à la va-vite, caméra en main, et enfilée les unes à la suite des autres sans plus d’autre souci que de montrer du cul, et du cul toujours plus fort, plus violent, et plus humide. Ce sont ces bandes, spécialité de quelques studios américains, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de gonzo.
La guerre du porno aura-t-elle lieu ?
Nouvelles pratiques, nouveaux supports et violence accrue semblent être le dénominateur commun des différentes évolutions qu’avec chaque décennie, le cinéma porno a connues. Où s’arrêtera-t-il ? Cela dépend sans doute des goûts des consommateurs, de la tolérance des spectateurs, de l’activité des féministes et de la frilosité des législateurs. Aujourd’hui, de nouvelles voix se font entendre, qui, se présentant comme favorables au porno, prétendent dénoncer les excès de violence auxquels se livrent les pornographes actifs dans le gonzo. Certains réclament mêmes une nouvelle réglementation qui fasse la part des choses – tandis que les féministes néo-conservatrices américains (la juriste Katharine McKinnon en tête) en profitent pour reprendre leur croisade contre le porno dans son ensemble. Avec un marché représentant à lui seul un chiffre d’affaire égal à celui de l’ensemble des autres genres cinématographiques réunis, il n’en reste pas moins que sa présence semble un fait aussi inéluctable que le désir poussant les spectateurs à en consommer.
De quoi sera fait demain ? Ce dossier vise à donner quelques axes historiques élémentaires pour répondre à cette question.

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