59e Berlinale - du 5 au 15 février 2009
A deux pas de l'ébullition autour du 59e Festival de Berlin et son lot de stars, une petite rareté s'est installée depuis trois ans, la section "cinéma culinaire". La recette est simple et efficace : un film, un repas, un débat. Plongée gourmande dans ce programme, jamais vu dans d'autres festivals.
Cette section, comme son nom l'indique, fait se rencontrer de manière inattendue deux arts : le cinéma et la cuisine. Films, documentaires, courts métrages, les organisateurs concoctent un programme où le plaisir ne passe pas que par les yeux, mais aussi par le palais. Après la projection, le public se retrouve dans une salle attenante pour déguster un repas préparé par un grand chef, et enfin, c'est le ventre plein qu'il participe à un débat gastronomique en fin de soirée.
Manger est un acte social
Née de la rencontre entre Dieter Kosslick, président de la Berlinale et Carlo Petrini, fondateur de l'association "Slow Food", la section "cinéma culinaire" connaît un grand succès depuis deux ans. Le festival de Berlin présentait un cadre idéal pour cette événement, permettant de toucher un large public, tout en soulignant l'engagement de la Berlinale pour la diversité culturelle. Ce programme ne se limite pas juste à la bonne chère, mais aborde les questions alimentaires plus globalement. D'après Dieter Kosslick, "la nourriture combine de façon très spéciale les joies et les plaisirs de la vie à notre responsabilité de citoyen". C'est une section gastronomique autant que politique ou éthique. Carlo Petrini voit l'acte de manger comme un "acte social". Il déplore le fait que le réseau alimentaire dans lequel se place l'homme ait été récemment détruit : une personne sur six souffre de sous nutrition, au moins autant sont en surpoids. C'est l'une des vérités amères que les fondateurs de l'association aimeraient révéler au public. l'édition de 2009 ne sera donc pas limitée au plaisir gustatif, mais sensibilisera le public à son alimentation.
L'amour a un goût sucré ?
Au programme cette année, un mélange explosif de saveurs. Pour le film d'ouverture, les organisateurs ont choisi de faire découvrir aux spectateurs le "goût de la vérité", avec Food, inc., une investigation virulente sur la production alimentaire mondiale. Le chef berlinois Tim Raue cuisinera pour l'occasion un mets politiquement correct, avec des ingrédients de qualité. Puis se succéderont le reste de la semaine des plats succulents, allant d'une recette de poisson tirée du film Le Déjeuner du 15 août de Gianni di Gregorio jusqu'aux spécialités bosniaques inspirées par Snijeg (Premières neiges) d'Aida Begic (Grand prix de la semaine de la Critique à Cannes en 2008). Au delà de ces plaisirs gustatifs, d'autres films aborderont le thème de l'alimentation sous différents angles : "comment donner le goût de la bonne nourriture à nos enfants?" (Nos enfants nous accuseront, Jean-Paul Jaud), ou encore "est ce que l'amour a un goût sucré ?" (Antique, Kyu-Dong Min).
Variée et unique en son genre, cette section s'adresse "à tous ceux pour qui manger est plus qu'un simple apport énergétique" d'après Thomas Struck, responsable de la section. Avec des températures atteignant parfois moins 25 degrés en hiver, il ne fait pas de doute que l'on réfléchit mieux le ventre plein. Les organisateurs de la Berlinale ont su tirer parti de cette adage et proposer au grand public avec ce programme appétissant une alternative innovante, alliant plaisir gustative et réflexion spirituelle, avec en plus des prix qui restent abordables.

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