Festival Black Revolution à l'Ecran de Saint-Denis du 4 au 10 février 2009
On ne saurait être plus en phase avec son temps : le festival "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" a fait le pari gagnant de la Black Revolution, et présente, du 4 au 10 février, une programmation de films – raretés, cultes, incontournables – qui nous plonge dans l’urgence et la vitalité de la cause noire aux Etats-Unis. Pas un festival militant, mais un temps festif pour envisager qui sont les descendants de Martin Luther King, Malcolm X et des Black Panthers. Say it loud…
Que reste-t-il des Black Panthers ? des slogans, un logo, des images. Un peu comme ce Malcolm X, qui a marqué la culture populaire au fer rouge de sa croix. Violents par nécessité, beaux, théâtraux dans leur geste politique, les Black Panthers ont fait leur cinéma, et le cinéma ne leur a que trop peu rendu hommage. Le festival nous propose ainsi quelques images rares et précieuses de ce mouvement crucial dans l’histoire politique américaine.
A ne pas rater, Seize the time d’Antonello Branca (1970), nous plonge dans le bouillonnement revendicatif de son temps, le tranche en séquences, parfois documentaires, parfois fictionnelles. Quotidien de la communauté noire, quotidien de la lutte : un film qui rapproche la performance politique de la performance théâtrale.
Autre point fort de la programmation, la trilogie Black de William Klein, photographe et cinéaste qui a beaucoup travaillé en noir et blanc, et qui entre les deux, a clairement choisi son camp. Muhammad Ali, The Greatest (1964-74), Elridge Cleaver, Black Panther (1970), The Little Richard Story (1980) : avec ces trois films, trois portraits de personnalités hors normes et charismatiques, Klein livre sa vision de l’Amérique, dure, combattante, en perpétuelle mutation. Avec lui plus que jamais, Black is beautiful.
Melvin Van Peebles, la classe ultime
Un hommage, en sa présence, distinguera le grand Melvin Van Peebles, réalisateur, acteur, compositeur, producteur, écrivain… Artiste complet surtout connu pour son magique Sweet Sweetback's Baad Asssss Song (1971), film phare de la Blaxploitation, on aura l’occasion ici de découvrir des films plus rares et tout aussi passionnants, tel que La Permission / Three days off (1967), son premier long métrage qui se déroule en France, dans un style très proche de la Nouvelle Vague.
Autre cinéaste à (re)découvrir, Charles Burnett, dont on avait pu récemment voir sur grand écran le chef d’œuvre Killer of Sheep (1977).
A travers ce magistral premier film, mais aussi My Brother’s Wedding, Several Friends, il capture avec l’énergie et la fraîcheur du Shadows de John Cassavetes la vie dans le quartier de Watts, devenu plus tard fameux pour ses émeutes. Un guetto, vu de l’intérieur, avec ses enfants qui jouent à la guerre et apprennent à devenir adulte au milieu d’hommes humiliés et de femmes délaissées. Une œuvre passionnante.
La Blaxploitation, cette sublime wild thing
Mais la révolte Black est aussi passée par une révolution culturelle, à laquelle une nuit Blaxploitation viendra rendre hommage samedi 7. Shaft, Foxy Brown, mais aussi Jimy Plays Monterey, Wattstax etc., autant de films devenus cultes, où la fierté black, dans toute son outrance, ouvre la culture populaire de l’Amérique des 60’s à une ère nouvelle.
Tables rondes, carte blanche à Hamé en soutien à La Rumeur, rencontre avec Lech Kowalski et séances musicales viennent compléter ce programme qu’on ne se privera pas de qualifier de haut en couleurs !
Black Revolution
Du 4 au 10 février
Cinéma l’Ecran à St Denis
Métro ligne 13
Tout le programme sur le site du festival
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