Ils veulent décrocher la Lune
Les voyages touristiques sur la Lune, ce n'est pas encore pour demain. Pourtant, quelques pionniers se tirent déjà la bourre pour se hisser à la première place de ce business d'avant-garde. En route pour un tour d’horizon du commerce lunaire.
"Chérie, on se fait une virée autour de la Lune ?"
Passer sa Lune de miel littéralement sur la Lune ne tient encore que du scénario de science-fiction. Faute de convoler sur le satellite de la Terre, on pourra du moins s’en approcher grâce à la société américaine XCOR qui a imaginé le Lynx, un appareil de la taille d'un avion de tourisme volant à mach 2 et capable d'atteindre les limites de l'atmosphère, à savoir, 61 kilomètres depuis le sol de la Terre. Une altitude qui permet de se retrouver en apesanteur avec, en prime, une vue exceptionnelle de la planète bleue. Alors que le vol d'essai est prévu pour 2010, on connaît déjà le premier client du Lynx, le banquier danois Per Wimmer, 40 ans, qui a dû débourser pas moins de 95 000 dollars pour un décollage programmé en 2012.
L’autre prétendant est évidemment Virgin Galactic, l’une des entreprises du milliardaire britannique Richard Branson. Elle souhaite proposer des vols spatiaux à partir de 2010 pour 200 000 dollars avec un engin pouvant embarquer 6 personnes et dépasser les 100 km d’altitude. Soit la frontière de l’espace, selon la Fédération Aéronautique Internationale. Si les tarifs demeurent loin du tourisme de masse, on progresse par rapport aux 50 millions de dollars qu’on dû débourser les six spatiotouristes qui ont voyagé dans la capsule russe Soyouz. D’après une étude de marché réalisée par le cabinet américain Futron, 15 000 personnes effectueraient annuellement de telles escapades en 2025.
"Une chambre avec vue sur la Lune !"
Voler, c’est bien beau. Mais, passer une nuit en regardant la Lune c’est mieux ! Telle est l’ambition de Robert Bigelow, le patron de la chaîne hôtelière Budget Suites of America, qui a fondé Bigelow Aerospace. A ce jour, cette entreprise est la seule à proposer un projet sensé. Elle a récupéré à son compte Transhab, un programme de la NASA abandonné faute de financement dans les années 1990. En gros, les clients dormiraient dans un ballon ultra résistant qui se gonfle tout seul dans l’espace. Cet habitacle est fabriqué dans des matériaux comparables au Kevlar, qui sert à la fabrication des gilets pare-balles. Depuis le succès des lancements de ces ballons, Genesis I (juillet 2006) et Genesis II (juin 2007), arrimés à des fusées russes de classe Dnepr, Bigelow Aerospace espère construire dès le début de la prochaine décennie un hôtel baptisé CSS Skywalker. Même s’il semble être un grand fan de Star Wars, Robert Bigelow, en véritable homme d’affaire qui a les pieds sur terre et les yeux rivés vers les étoiles, veut que ses modules trouvent aussi un débouché commercial avec des firmes aérospatiales telles que la NASA et EADS, etc.

"Je suis propriétaire d’un terrain sur la lune !"
Jackson James, 39 ans, est le fondateur de Lunar International. Hasard du calendrier, il est né le 20 juillet 1969. La veille du jour où Neil Armstrong et Buzz Aldrin devinrent les premiers hommes à marcher sur la Lune. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il ce soit lancé dans la vente de terrains lunaires en 1999. "Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a toujours intéressé. Mon intérêt pour la Lune est un peu ridicule. Mais, quand je voulais partager cette passion avec les autres, je me rendais compte que je n’étais pas seul", nous a confié James, qui a permis à plus d’un million de propriétaires de 100 nationalités différentes d’acquérir un lopin de lune. Malheureusement, il n’est pas le seul : "Il y a un homme (Denis Hope) qui revendique être le propriétaire de la Lune, il a formé un gouvernement lunaire et se positionne lui-même comme une sorte d’empereur de la Lune. Ils vont même jusqu’à proposer de vendre des planètes et des étoiles, je me demande vraiment qu’elles sont leurs motivations ?". L’argent, sans doute.
Les intéressés peuvent par exemple devenir propriétaire d’un acre (0,41 hectare) de la Mer de Tranquillité, célèbre site d’alunissage de la mission Apollo XI, pour la modique somme de 23,99 €. Un tarif suffisamment accessible pour les amateurs de cadeaux originaux et/ ou romantique, mais qui attire aussi de véritables fanatiques désireux de développer ce nouveau monde. Précisions tout de même que si ses vendeurs de Lune jouent sur le fait que les traités existants interdisent "l'exploitation de la Lune et autres corps célestes à fins de profits" sans mentionner la question de la propriété, de tels titres n’ont bien entendu aucune valeur juridique.
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