Dead Space prépare sa sortie depuis plusieurs mois avec des captures d'écran distillées au compte-goutte, et un feuilleton dessiné qui nous révélait la genèse de l'histoire. Maintenant qu'il est dans les bacs, on remarque que Dead Space n'est pas qu'un jeu, mais une œuvre ouverte qui s'est exprimée sur plusieurs médias afin de consolider de manière périphérique une histoire déjà vue, déjà vécue, mais narrée avec talent.


- Lire également la chronique de Dead Space Downfall, le film.

Dead Space le jeu est le fruit d'une attente d'un an. Moins qu'un blockbuster, plus qu'un teasing classique. Il s'est fait attendre pour livrer en fin de compte une aventure intense et un niveau de finition remarquable, se montrant à la hauteur de ses références.
En dépit de mécaniques redondantes, il est assez solide pour servir de noyau à deux électrons : une bande dessinée de Ben Templesmith et Antony Johnston ainsi qu'un dessin animé de Chuck Patton.

Les deux servent de prequel au jeu, l'un se déroulant sur le vaisseau Ishimura où se passe le jeu, l'autre se concentre sur la colonie d'Aegis 7 où tout a commencé.
Des cousins finalement assez éloignés quand on compare leurs qualité et leur fidélité au projet d'origine, mais qui à la fois apportent des explications et enfoncent le clou du fatalisme cultivé par Dead Space.

Reste en ouverture de la cosmologie Dead Space un site internet, No Known Survivors. Architecturé autour d'un jeu point & click proche d'un alternate reality game se pose comme une extension de l'univers Dead Space, à travers d'autres histoires courtes.
L'une explore la folie psychotique d'un survivant en sursis, pendant que l'autre développe les choix moraux d'un agent double face à la catastrophe.

Sur chaque média, que ce soit papier, web, animation, les œuvres complémentaires semblent combler le déficit en personnages sensibles du jeu. Des équipiers psycho-rigides au héros, aphone et casqué, aussi expressif qu'une brique, les sentiments passent par l'environnement et les évènements plus que par l'humain.

Si Dead Space le jeu à lui seul manque d'empathie et de facteur humain, ses additions l'épaulent pour donner au corpus la densité nécessaire.

En prenant deux pas de recul, Dead Space l'oeuvre s'insère dans une tradition de science fiction. Non nova, sed nove. Pas nouveau, mais d'une manière nouvelle, le jeu et ses satellites sont l'un des plus beaux hommages au genre réalisé ces dernières années.

Un amour de la science-fiction qui s'exprime dès le nom du héros, Isaac Clarke, tirant son état civil d'Isaac Asimov et Arthur C. Clarke.

Rémi Vermont




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