Le jeudi à 20h50 sur la chaîne cryptée
Fric, sexe, scandale et enquête criminelle. Vous pensez avoir déjà vu ça quelque part ? C’est sans doute le cas. Dirty Sexy Money repose sur des recettes largement éprouvées, peut-être un peu trop miracles pour être honnêtes. Mais l’honnêteté n’est pas le souci de cette série qui met en scène les Darling, famille d’ultra-riches new-yorkais aussi malhonnêtes que leur statut le permet. Et on se laisse malgré tout facilement embarquer.
Grosses ficelles
Empruntant des ingrédients à différentes recettes télévisées - le soap, le clan de riches (Dallas), l’enquête criminelle (Veronica Mars) - Dirty Sexy Money déroule ses grosses ficelles au fil des dix épisodes que compte la première saison, amputée par la grève des scénaristes. Pourtant, au creux des clichés et des intrigues prévisibles, les personnages prennent de l’épaisseur et s’épanouissent dans leurs vices et leurs travers de manière assez jouissive. Chez les Darling rien n’est impossible et, leur fortune ayant annihilé toute trace de moralité, les possibles sont généralement explorés du côté sombre.
Il subsiste tout de même une caution morale de la famille en même temps que de la série, incarnée par le personnage de Peter Krause qui est en perpétuelle lutte, avec lui-même et contre ces clients sans scrupules, et qui permet de poser le regard à distance. Même si, bien sûr, le téléspectateur souhaite secrètement que l’avocat droit dans ses bottes dévie un peu de son chemin et se laisse corrompre par ses clients certes mauvais, mais terriblement sympathiques.
Casting de luxe
Il faut dire que Dirty Sexy Money, créé par Craig Wright, scénariste ayant officié sur quelques valeurs sûres comme Six Feet Under ou Lost, est servi par un casting impeccable. Peter Krause donc, que les amoureux de Six Feet justement prendront plaisir à retrouver hors de ses pompes funèbres, Donald Sutherland, interprète de luxe du patriarche de la famille, William Baldwin qui, comme son frère Alec avec 30 Rock, se recycle utilement grâce au petit écran dans une figure proche des Kennedy, et quelques acteurs peu connus mais non moins excellents, notamment le frère pasteur (Glenn Fitzgerald), délicieusement odieux.
Magie de la télé, malgré leur immense fortune qui les place au-dessus de la mêlée et l’excentricité de leurs aventures, les Darling jouent le jeu de l’identification indispensable pour faire de la série un succès. Le principe du clan familiale - mélange de solidarité et de rivalité, de générosité et de mesquinerie, de sincérité et de secrets bien gardés - fait en effet appel à des sentiments et des réactions à peu près universels, comme l’a prouvé il y a 30 ans l’immense succès de Dallas un peu partout dans le monde. S’il s’agit ici de riches new-yorkais, qui ressemblent au mieux à une dizaine de personnes dans la réalité, Dirty Sexy Money permet donc au téléspectateur de s’y retrouver. Et de s’y perdre aussi, car c’est ce qu’on demande à la fiction que de nous emmener au-delà de notre réalité.
La saison 2 est en cours aux Etats-Unis.

Illus. © Touchstone television
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9
Afficher par : naissance / nationalité / métier