Tout le monde est sur le pont pour faire la promo du diptyque consacré à Jacques Mesrine. Même son fils Bruno, qui se concentre sur la réédition chez Flammarion de l’autobiographie de son père rédigée en prison, L'Instinct de Mort. Entretien avec un homme qui a eu un père pas comme les autres.


- Lire la critique de Mesrine, l'instinct de mort

Fluctuat : L’autobiographie de votre père est rééditée à l’occasion de la sortie du film, pourquoi ?

Bruno Mesrine : Le moment semblait favorable pour rééditer le livre de mon père. D'abord, parce qu'il devenait un collector, vendu sur internet à des sommes incroyables. Il était temps que l'on puisse relire ce super bouquin, dans son originalité, et à un prix normal.

Quel est le message qu’il a voulu faire passer à travers cet ouvrage ?

Le message de mon père, je ne sais pas vraiment. Peut-être un simple "J'existe" !

A part son nom et l’aura qui l’entoure, que vous a légué votre père ?

Mon père ne pas légué son nom, car c'est avant tout le nom d'une famille. Il m'a légué que des choses morales. Etre droit dans sa vie, et la vivre a fond…

Quel type de père était-il ? Avait-il le temps de s’occuper de vous ?

Il faisait ce qu’il pouvait au vu de sa situation, mais il prenait malgré tout le temps de surveiller l'éducation de ses enfants.

Pourquoi son parcours continue à fasciner près de 30 ans après sa disparition ?

Posez-vous la question, et vous trouverez la réponse. Mon père a représenté ce que beaucoup de français fantasmaient. Mais lui, il a vécu sa vie et ses propres choix.

Vous-même, êtes vous captivé par le mythe qui l’entoure ?

Oui, et c'est bien normal.

Avez-vous vu le film ? Qu’en avez-vous pensez ? Vincent Cassel est-il à la hauteur pour incarner ce rôle ?

J'ai vu le film en exclusivité, réservée à la famille. Les deux films sont pas mal, et assez proches de la réalité. Mais ils insistent beaucoup sur la violence de mon père, qui n'était pas forcément ainsi… C'est du cinéma, et du bon cinéma. Vincent Cassel est tout à fait à la hauteur, il est vraiment bien.

Jacques Mesrine était révolté contre les QHS (quartier de haute sécurité), serait-il satisfait de la situation des prisons aujourd’hui ? Avez-vous repris le flambeau, militez-vous pour améliorer les conditions de détention des prisonniers ?

Toute personne touchée par le sujet des QHS ne peut-être satisfaite. Les choses bougent, et mon père trouverait encore quelques conseils positifs pour améliorer la situation des prisons. Le sujet de la prison me touche depuis mon enfance, et je suis souvent intervenu pour servir de médiateur, pour que des personnes de bonne volonté réussissent à améliorer les conditions des taulards. Je pense particulièrement au "Relais Parent Enfant", pour que les parloirs pour les enfants se passe dans des conditions admissibles. Mais aussi, l'O.I.P (Observatoire International des Prisons)… Je ne suis pas un militant, mais j'aide si je suis d’accord avec les gens qui me le demande.

Etes-vous un fondu d’action à l’image de votre père, ou avez-vous un tempérament plus réservé ? Que faites vous dans la vie ?

Oui, j'adore l'action. C'est ainsi, je suis un sagittaire. Je suis pilote d'hélicoptère et magicien international. J'oubliais, je suis aussi marin !

Mounir Soussi




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