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Survival Horror - Xbox 360 - PS3 - PC - Sortie en France le 10 octobre 2008
Dead Space est un des rares jeux dont les promesses sont à la hauteur de son buzz. Depuis des mois il capte l’attention des amateurs de science-fiction et de survival horror, avec son parfum de Resident Evil et de Bioshock. Vu comme un medley opportuniste par ses détracteurs, Dead Space s’est-il forgé une identité propre, lui qui voulait donner un nouveau souffle au genre ?
Ne donnant plus aucun signe d’activité radio, le vaisseau minier Ishimura, est en orbite stationnaire autour de la planète Aegis 7. L’équipe du capitaine Hammond a été mandatée pour faire les réparations. A son bord, Isaac Clarke, dont la compagne Nicole servait sur l’Ishimura. D’elle, il n’a qu’un message vidéo qu’il se repasse inlassablement en boucle. A peine arrivés dans le lobby de l’Ishimura, l’équipe est attaquée par une créature qui les pousse à se séparer. Pour Clarke commence alors une descente aux enfers dans les entrailles du bâtiment, à la recherche de Nicole et de la source de ce chaos.
Le pitch de Dead Space a des accents de classicisme, voire de figure imposée. Si son inspiration vidéoludique se trouve dans Resident Evil 4, il ressemble pourtant bien plus à Doom 3 et Cold Fear. Ce dernier était un survival sans trop d’ambition qui avait toutefois ajouté aux bonnes idées de RE4 des améliorations de gameplay et choisi des environnements isolés comme un tanker ou une plateforme pétrolière.
De ces éléments, Dead Space est l’enfant direct, avec son vaiseau-cimetière auc confins de l’espace. Quant à sa parenté avec Doom 3, c’est probablement parce qu’il parvient à exploiter ses pistes ésotériques et son ambiance oppressante.
Reste l’analogie avec Bioshock, de par ses structures pour claustrophobes et ses jeux de lumière superbes .
Du côté cinématographique, si le parallèle avec Alien et Event Horizon semble évident, il faut aussi reconnaître à Dead Space des idées tirées de The Thing pour les mutations ou Outland pour les désordres psychotiques et le cadre de station minière.
Aspirateur d’inspirations, Dead Space affiche donc clairement un réinvestissement intelligent de ses prédécesseurs, sans briser ni transcender les histoires déjà écrites. Sa trame n’est en rien originale, avec des retournements et des révélations qu’on aura la sensation d’avoir déjà vus, mais il le fait avec un talent qui lui donne les qualités d’une excellente œuvre de genre.
La maîtrise du genre lui permet ainsi de donner tout ce qu’il a sur les plans graphiques et sonores. Les effets lumineux cisèlent des niveaux tout en couloirs sanglants, les créatures sont réjouissantes de gore et le level design reste cohérent jusqu’à la fin. Les choix esthétiques sont assumés et donnent lieu à des scènes épiques ou contemplatives comme la bataille contre le leviathan ou les passages sans atmosphère, face aux étoiles.
Le bestiaire, hideux et hargneux équilibre malgré son nombre réduit un panel de personnages secondaires assez insipides. Plutôt que des gueules à cicatrices de série B, Dead Space a fait le choix de John et Jane Doe en galère dans l’espace.
Une certaine partie du plaisir de jeu réside d'ailleurs dans les morts cruelles des protagonistes interchangeables, ou celle d'Isaac en plein combat, les développeurs ayant laissé libre cours à une imagination sadique débridée.
La bande-son dynamique réagit suivant les passages et les affrontements, pour vous stresser à l’instant T, provoquer le stress, mais aussi l’effroi, voire le désespoir selon les évènements. Parfois adepte des grosses ficelles employées par le cinéma pour nous faire bondir de notre fauteuil, Dead Space ne laisse toutefois pas insensible. On en attendrait presque avec un plaisir masochiste le prochain pic musical, accompagné de sa dose de violence graphique.
Si des efforts sur la VF livrent un doublage crédible, la plus belle réussite auditive vient des moments sans oxygène, où les sons étouffés sont plus ressentis qu’entendus.
Dead Space affiche une forme mature et maîtrisée, mais s’étoffe surtout d’un gameplay de très bonne tenue. Si m’on excepte les coups au corps à corps, le système de démembrement stratégique, qui sert à blesser les créatures pour les ralentir et finalement les tuer, dépasse le gimmick pour être une vraie mécanique de jeu lors des affrontements.
Les menus sont quant à eux clairs et légers, affichés sous forme d’écran holographique, et même le guidage jusqu’au prochain objectif se fait sur commande via un tracé laser sur le sol. C’est d’ailleurs le point fort de l’interface de Dead Space. Les informations importantes comme la vie ou les munitions sont sur la combinaison du héros, et l’écran n’est occupé que par l’action, favorisant l’immersion permanente au profit de l’ambiance.
Les moments en apesanteur ou privés d’oxygène ont été réalisés intelligement, et bien qu’anecdotiques, ils contribuent à nourrir le gameplay parce qu’ils ne sont pas en retrait sur la réalisation.
Si l’on devait relever les défauts de Dead Space, ils concerneraient les combats de boss, moins stressants que le reste du jeu par leur déroulement old-school, le héros silencieux, ainsi que l’extrême linéarité du scénario. Qui plus est, on explorera une seconde fois des niveaux déjà visités sous prétexte d’aller y chercher un élément vital, soudainement nécessaire dans la trame.
A ce titre, le moteur de l’histoire reposant sur la loi de murphy, ceux qui s’étaient lassés de la frustration redondante de Bioshock risquent de craquer. Rien ne va jamais, et chaque espoir est écrasé par une nouvelle contrainte matérielle qu’Isaac devra régler sur le terrain.
A deux doigts de tomber dans l’artifice, ces retournements finissent néanmoins par soutenir et presque justifier vos errances dans l’Ishimura.
Jouable et très rejouable, Dead Space arrive à dépasser la sensation de vide éprouvée avec sa conclusion à la 6e Sens pour retenir les joueurs et les complétistes. Bien équilibré, haletant jusqu’à la fin, Dead Space marie spectacle et voyeurisme morbide dans un genre que l’on croyait engourdi.
Au gré des hurlements qui accompagnent vos pas, l’Ishimura saura vous faire oublier le Nostromo.

Dead Space
Développeur : Redwood Shores Studio
Editeur : Electronic Arts
Sortie en france : 23 octobre 2008