L’établissement pluriartistique de l’est parisien, en lieu et place des Pompes Funèbres est un mastodonte de 39 000 mètres carrés dédiés au mélange des formes, sous la houlette des metteurs en scène Frédéric Fisbach et Robert Cantarella

C'est LE projet phare de l’ère Delanoë, au chapitre culturel s’entend, sera livré aux yeux –et oreilles- du public parisien ce samedi. Le Centquatre, l'« établissement artistique de la ville de Paris », qui a coûté la bagatelle de 102 millions d’euros, ce sont les Pompes Funèbres de la ville qui renaissent de leurs cendres, dans le 19e arrondissement de la ville… Centquatre, comme le 104, rue d’Aubervilliers, entrée principale de ce nouveau lieu de culture protéiforme, l’autre entrée se succédant au 5, rue Curial.

Aux manettes, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, rompus au mariage des arts, férus d’écritures contemporaines et adeptes des croisements entre amateurs et professionnels. Le premier est acteur, metteur en scène. Le second, comédien, metteur en scène itou, lauréat de la Villa Médicis hors les murs au Japon, avec qui il entretient des liens tout privilégiés. Il fut le directeur du Studio Théâtre de Vitry de 2002 à 2006 et l’artiste associé du festival d’Avignon pour l’année 2007.

En 2004, tous deux répondent à l’appel lancé par la municipalité Delanoé et voient dans un premier temps leur candidature retoquée, la ville assurant chercher davantage « un directeur expérimenté, un gestionnaire, un grand intendant » (sic). Néanmoins, le tandem persévère et finit par emporter le morceau. A l’issue d’un chantier de deux ans mené par l’Atelier Novembre, la halle à l’architecture industrielle typique du XIXe siècle, bâtie en 1873 a fait peau neuve, après une fermeture de plus de dix ans. Elle abritera, sur une surface totale de 39 000 mètres carrés deux salles de spectacles –de 200 et 400 places-, des espaces d’exposition à foison, des ateliers d’artistes, mais pas seulement. Se voulant résolument ancré dans le quartier qui l’accueille, le 104 réunira également des commerces culturels et de proximité ainsi qu’un lieu dédié aux enfants. Ici, toutes les disciplines auront droit de cité. Arts visuels et théâtre, mode et design, cinéma et arts numériques, cirque et danse. Fi des frontières formelles donc, et géographiques, pour une structure qui fera la part belle à nombre d’artistes en résidence de création. Alors le 104, galerie, musée, salle de spectacles ? Aucun des trois, et un peu des trois à la fois. « Un centre culturel, parisien et international, lieu de création et de diffusion, ouvert sur Paris et les villes voisines ». Cantarella et Fisbach assure l’avoir imaginé pour que « le public trouve le chemin de l’art (…) et que les artistes y travaillent dans une relation permanente au réel, au public, et que cette relation modifie leur travail, leurs œuvres ». Noble ambition.

Illustrations : copyright Edouard Caupeil

Lieu
104 rue d'Aubervilliers dans le 19e arrondissement de Paris Bâtiment des anciennes Pompes funèbres municipales.

Projet
Création d'un centre artistique et culturel qui proposera aux artistes, dans toutes les disciplines, des espaces de travail ; et au public, des manifestations culturelles.

Collections/activités
Ateliers d'artistes, manifestations culturelles, activités économiques liées à la vocation culturelle du lieu.

Statut/maître d'ouvrage
Etablissement municipal. La Ville de Paris.

Direction
Robert Cantarella (directeur du Centre Dramatique National de Dijon) et Frédéric Fisbach (directeur du Studio-Théâtre de Vitry).

Maître d'œuvre/coût des travaux
Cabinet d'architectes Atelier Novembre

Ouverture au public
L'inauguration a lieu samedi 11 octobre 2008.

Illus. Pascal Dhennequin

Nedjma Van Egmond



Sur Flu
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- Le dossier complet Archiculture à Paris


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