Course - Xbox 360 - PS3 - PC - Sortie en France le 25 septembre 2008
Les jeux de course extrêmes se résument souvent à des moteurs physique fantaisistes, des véhicules laids et des circuits à l’audace mesurée. Black Rock Studio, anciennement Climax Racing racheté par Disney, a pourtant engendré les honorables MotoGP et ATV Offroad Fury . Son savoir-faire a-t-il fait de Pure une pure merveille ?
Le filon des jeux de sports extrêmes a engendré une ribambelle de softs médiocres, qui se revendiquent tous du culte de l’adrénaline. Sachant qu’il est difficile de ressentir apesanteur et bris d’os vautré comme un pacha dans son canapé, les pirouettes graphiques affluent. Lois de la physique abolies, couleur criardes, bande-son à réveiller un mort. Malheureusement, la déception est à la hauteur du subterfuge et souvent le nombre de circuits, de véhicules, la modélisation et la masse de contenu s’avèrent trop faibles pour tenir la comparaison avec les alter-egos classiques.Pure opère pourtant une rénovation du genre avec brio, ne serait-ce que dès les premières minutes. La maniabilité arcade est malgré tout précise, les graphismes sont chatoyants mais fourmillants de détails et la bande-son composée de gros standards rock qui tâchent motive les tympans. L’emballage est réussi, et plus on creuse la boue des circuits, plus on apprécie l’effort apporté au système de jeu.
On pourrait assimiler Pure à un Excite Bike NES de 2008. Il faut prendre les bosses avec le plus de vitesse et de timing possible pour sauter le plus haut et disposer d’assez de temps pour exécuter des figures en l’air.
Suivant le nombre réussi et effectué, la jauge d’adrénaline se remplit et de nouvelles figures plus complexes et longues s’ajoutent à la panoplie, jusqu’à atteindre les super figures, nécessitant presque une chute libre de dizaine de mètres. Il ne faudra d’ailleurs pas qu’être le plus audacieux mais le plus rapide et l’adrénaline gagnée servira aussi au boost du quad, qui laissera les adversaires sur place.
La diversité des figures est impressionnante, toutes les directions du stick permettant des combinaisons inédites qu’on a du mal à trouver redondantes. C’est d’ailleurs tellement hypnotique dans les premiers temps qu’on oublie d’en stabiliser son quad à l’atterrissage, donnant lieu à des crashes mémorables.
Pure est donc visuellement réussi et son concept fonctionne avec une efficacité redoutable. En terme de course, on pourrait le résumer à : acélérer, prendre une bosse, faire le pitre, booster, prendre la bosse, etc. Les passage entre bosses pourraient en devenir anecdotiques, tant les acrobaties sont spectaculaires, mais les circuits, non-linéaires, proposent des raccourcis et de bonnes surprises de design.
Comme tout jeu de course, le par-cœur sera la clé des podiums, un triomphe sur la boue et les adversaires agressifs. L’IA est en effet assez spéciale. Tantôt décorative, tantôt adepte du harcèlement motorisé, il n’est pas rare de voir des accidents se produire autour de soi.
En terme de contenu, même si les circuits ne sont pas venu en car, ils sont assez nombreux et variés pour tenir la comparaison avec n’importe quelle concurrence installée. Il faudra bien les boucler une dizaine de fois pour en saisir toutes les finesses et raccourcis, et bien plus avant d’en trouver la juste trajectoire.
Le foisonnement et la précision graphique sont parfois d’ailleurs un handicap quand les effets de flou et de vitesse s’en mêlent, mais les angles de caméra des cascades laissent largement le temps d’admirer les paysages, dotés d’une distance d’affichage bluffante. Quelle que soit la plateforme, les ralentissements sont rares, le rendu est impeccable. Black Rock témoigne d’une grande maîtrise technique.
Les modes proposés vont droit au but, tout comme le jeu, avec un mode multi à 16 irréprochable, ou l’excellent mode carrière. Celui-ci fonctionne avec un système d’expérience qui permet de débloquer de nouvelles classes de moteurs et de pièces détachées. En dehors des effets cosmétiques, les pièces influencent la solidité de votre quad et sa propension à s’envoler et ainsi à vous laisser plus de marge pour les figures.
Cette optimisation prend son sens dans les courses où le style compte plus que la vitesse, et on en viendra vite à se faire un garage de quads adaptés pour chaque situation, et à son style de conduite. C’est d’autant plus intéressant qu’on peut participer aux courses online avec sa machine bricolée.
Malgré ses qualités, Pure manque pourtant d’un rien pour être parfait. On regrettera l’absence de mode multijoueur offline, et d’une carte en tête haute, qui nous aurait évité les sorties de route imprévues lors de la découverts d’un circuit.
Bien qu’il ne soit pas parfait, Pure n’en reste pas moins exceptionnel, très agréable à jouer et gratifiant dans son spectaculaire. Ce n’est pas qu’une action participative, mais aussi créative et Pure parvient par sa souplesse de gameplay à restituer une griserie de l’extrême jusqu’alors tant recherchée mais jamais atteinte.

Pure
Développeur : Black Rock Studio
Editeur : Disney Interactive
Sortie en France : 25 septembre 2008