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99% londonien
Si The Clash a trouvé son essence dans la ville de Londres, sa musique, elle a évolué grâce aux emprunts géographiques et musicaux. Découverte du reggae, du funk ou du hip hop, The Clash, groupe global ?
Le rock'n'roll a été inventé aux USA, le punk à New York mais pourtant quand le Clash naît des débris des légendaires London SS après que ses membres aient chacun assisté à un concert des Sex Pistols (eux-mêmes créatures des années passées par Malcolm McLaren à New York), le groupe de Mick Jones, Paul Simonon, Joe Strummer et Terry Chimes (bien vite remplacé par Topper Headon) est 100% anglais et même purement londonien.
Ladbroke Grove et Notting Hill, voilà la zone d'opération du Clash naissant. Dans différent squats ils vivent et répètent entourés de tout ceux qui feront bientôt l'essentiel du punk londonien, des membres des Sex Pistols, Public Image, The Slits, The Damned... Très vite cette scène prend une identité indépendante des punks plus arty du CBGB. Ils chantent "I'm so bored with the USA" et travaillent une image plus working class et plus politisée alors que le thatchérisme est en pleine gestation dans les recoins sombres de l'âme anglaise. Dans ces quartiers banlieusards où on ne connait que le métro/boulot/dodo (encore que du boulot, il y en ait de moins en moins), Strummer et Jones écrivent "Janie Jones", "London's Burning", "White Riot"...
Cette dernière chanson, leur premier single, est inspirée par une émeute noire à la foire de Notting Hill à laquelle Strummer et Simonon participèrent. Cette foire c'est aussi l'un des nombreux lieux de Londres où les jeunes Clash auront l'occasion de découvrir la seule autre musique qu'ils tolèrent à leurs débuts, le reggae jamaïcain. "Police & Thieves", qu'ils reprennent sur leur premier album, est une chanson de Junior Murvin qu'on jouait pendant l'émeute à Notting Hill. Le reggae a la cote chez les jeunes punks blancs et c'est presque logiquement que CBS enverra Strummer et Jones composer leur second album à Kingston.
Jamaica Clash
Cette première excursion du Clash sera un échec. En 1978 les Rolling Stones viennent d'enregistrer un album en Jamaïque et quand Strummer et Jones arrivent on s'attend à ce qu'ils arrosent tout le monde de fric comme Jagger et Richards. Ils n'ont pas les mêmes moyens, cependant, et doivent rester cloîtrés dans leur hôtel de peur de se faire dévaliser (ou pire). Symptomatiquement, leur second album Give 'em Enough Rope est surtout marqué par un retour des influences rockabilly américaines dans le son du groupe (qui souffre d'une production très inadaptée de l'Américain Sandy Pearlman, imposé par CBS).
London Calling est sans doute leur meilleur album pour plusieurs raisons : il a été enregistré à Londres avec un anglais et le groupe n'a plus à avoir peur ni de reprendre Vince Clark ou de rendre hommage à l'acteur hollywoodien Montgomery Clift ni d'intituler l'un de leurs meilleurs morceaux reggae "The Guns Of Brixton" d'après l'un des quartiers les plus jamaïcains de la capitale anglaise.
New York, New York
En général on considère que le Clash est devenu un groupe "global" avec Sandinista qui doit son nom aux révolutionnaires sandinistes nicaraguayens, une partie de sa production à l'artiste dub jamaïcain Mikey Dread, sa musique à la tropicalia brésilienne, au gospel et au blues du sud des USA, au folklore irlandais, au rock anglais... Mais s'il faut retenir un endroit, ce sera New York où le groupe enregistre l'album et où il découvre le hip hop, se met au funk et même au disco. New York est bien le centre du monde à cette époque et en tout cas semble-t-il le seul endroit d'où le groupe peut donner corps à sa vision mondialisante.
L'album Combat rock qui, sans être un seul instant conservateur, est une sorte de recentrage, sera enregistré à la fois à New York et à Londres (on se plait à imaginer "Should I Stay Or Should I Go" enregistré en Angleterre et, par exemple, "Overpowered By Funk" aux USA). C'est sûrement une coïncidence mais le groupe meurt quand Mick Jones est renvoyé après un concert en Californie, le bout de terre le plus égocentrique du monde. Cut The Crap, album oublié et désavoué produit par un fantôme du groupe a été enregistré à Munich, ce qui donne peut-être de sa nostalgie à l'une de ses rares bonnes chansons "This Is England".

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