Nouvelle formule à la Villette. Au lieu de disperser les temps forts (Territoires de cirque, Biennale des Arts de la Marionnette), l’établissement public choisit cette année de regrouper sous le label inédit des « arts populaires contemporains ». Mais pourquoi donc « turbulents » ? Parce qu’ils sortent, la plupart du temps, des lieux de présentation habituels ? Parce qu’ils se laissent difficilement enfermer dans une catégorie esthétique, mélange des genres et des disciplines oblige ? Sans doute tout cela à la fois.


Pendant deux semaines, La Villette et ses environs directs (Pantin) accueilleront des équipes artistiques, jeunes ou confirmées, dont la principale caractéristique est le décalage. Décalage de lieu, de regard, de pratique. Cela va des pyrotechnies paysagères du Groupe F, artiste associé de La Villette, à la Symphonie mécanique de François de la Rozière, qui en profitera pour compléter sa galerie des machines. Cela passe par les abeilles qu’Olivier Darné installe obligeamment dans la chambre où, moyennant finance, l’on peut « dormir » (à condition de réussir à fermer l’œil). Impossible de décrire les treize projets. Focus sur trois d’entre eux.

L’expérience

Pour cette première édition, les POP’s font la part belle à la production batave. Le plus intéressant est sans doute qu’outre Quiévrain, les artistes ne se labellisent pas « de rue ». Ils créent, tout simplement, et choisissent, voire construisent les espaces en fonction de leur projet, pas de leur étiquette. Ainsi, Jetse Batelaan présente Les Accompagnateurs sur la prairie de La Villette, mais le dispositif scénique et le rapport au public rappelle inévitablement ceux de la salle, le plein air en moins.
Pas de « plein air », par contre, pour Gerucht (Rumeur) de Lotte Van Den Berg. Là, le spectateur est installé dans un caisson étanche au bruit, et placé en situation de voyeur de ce qui se passe à l’extérieur. On appelle ça le « théâtre d’expérience ». Les Néerlandais en sont friands, comme on le constatera si l’on visite le dispositif de Dries Verhoeven, Au milieu du gué.

La confidence

Pour le spectacle qui suit, il n’est pas tant question de l’expérience du spectateur, que de la propre existence de l’interprète. Angela Laurier est née dans l’Ouest canadien, dans une famille de neuf enfants. Un père dépressif, un frère schizophrène, une mère épuisée, il n’en fallait pas plus pour forger un destin atypique. Angela s’est enfuie, loin de son milieu, de son pays, et mène, depuis de longues années une brillante carrière d’artiste de cirque. Mais vient un temps où l’art de la contorsion, éprouvante physiquement, doit trouver une justification. C’est en plongeant dans ses racines, dans sa propre histoire familiale, et en en convoquant les principaux protagonistes, filmés et projetés sur la scène, qu’Angela a enfin pu donner sens à son travail, à sa vie. Le Déversoir n’a rien de malsain ; il a permis à son auteure et interprète de se reconstruire.

Jeunes Talents

Cela ferait un peu « école des fans » si l’entreprise n’était menée d'une main de maître, avec tout le sérieux requis pour une entreprise aussi ambitieuse que dénicher les jeunes pousses qui deviendront demain des créateurs d’importance. Initiée dans le cadre du Temps du cirque (2001), l’opération Jeunes Talents Cirque s’ouvre maintenant à l’Europe et permet à de jeunes artistes, non subventionnés par le ministère de la Culture, de présenter une forme, relativement aboutie, d’un projet qui sera ensuite diffusé. Sélection sur dossier puis sur maquette, accompagnement administratif, en production et en diffusion : le dispositif est rodé et persiste à se développer. Si, les 13 et 14 septembre prochains, le Théâtre de la Cité Internationale accueille dix projets tout juste sortis du studio, la Villette proposera, dans le cadre des POP’s, quatre spectacles confirmés, issus des éditions précédentes. Clown, danse, acrobatie, main à main, les disciplines y sont variées et hybrides, à l’image du cirque contemporain.

Espérons que les turbulences du temps, plus du tout estival, n’auront pas raison de ce festival.

Festival Les Pop's, du 16 au 28 septembre, à La Villette et à Pantin


Légendes des illustrations :
1 - Un Loup pour l'homme, © Riccardo Musacchio & Flavio Ianniello
2 - Dries Verhoeven, © DR
3 - Angela Laurier, © DR

Floriane Gaber



Sur Flu
- Toute l'actu de La Villette sur le blog scènes

Sur le web :
- Le site de la Villette



• Les news de Saisons, le blog scènes
A mon âge, je me cache encore pour fumer A mon âge, je me cache encore pour fumer
Au hammam, à Alger, il y a le jour des hommes et celui des...
La ronde des spectacles de Noël La ronde des spectacles de Noël
Histoire de se préparer à une indigestion de dinde, ou de...
Catherine Hiegel : par ici la sortie Catherine Hiegel : par ici la sortie
Ça chauffe à la Comédie-Française! Catherine Hiegel, la doyenne...
Le retour d' Allah n'est pas obligé Le retour d' Allah n'est pas obligé
Cette « farce carnassière » signée Ahmadou Kourouma est un récit...
Tour Babel au pied des immeubles Tour Babel au pied des immeubles
L'Atelier du Plateau et la Fabrique des Petites Utopies...

• Sur le forum Théâtre Danse

Le père Noël est une ordure à l'Absurde S...Votre BOOK PHOTO, 90 euros tout compris : ...Salutmarionnettes à Paris

• Diaporamas



theatre-danse.fluctuat.net
Sortir
Philoctète à l'Odéon Un chef d'œuvre méconnu et un grand acteur, Laurent Terzieff : Philoctète, une pièce à ne pas manquer.
Hommage à Diaghilev Tapis rouge à l’un des ballets les plus prestigieux de Russie et à l’un de ceux qui en a écrit les plus belles pages de son histoire : Serge Diaghilev.