En piste !
La Part du loup, spectacle du CNAC
Jusqu'au 16 août à la Villette
L’Ecole Nationale Supérieure des Arts du Cirque verra, l’an prochain, la sortie de sa vingtième promotion ! 20 ans qui ont marqué, de manière irréversible, le paysage culturel et, en particulier, celui des arts du cirque. Les neuf sortants de la 19è promotion présentent à La Villette, jusqu’au 16 août, La Part du loup, mis en piste et chorégraphié par Fatou Traoré.

Véritable exercice de style, le spectacle de sortie du CNAC se doit de présenter, dans une même proposition, l’ensemble des disciplines pratiquées par les élèves. Cette année, avec ses sept filles pour deux garçons, et pas mal de techniques aériennes (corde, trapèze), le challenge était de taille. Au final,
La Part du loup dégage un certain charme, sans toujours éviter les pièges inhérents au genre.
La main de Fatou
Fatou Traoré n’en est pas à son coup d’essai. Danseuse, chorégraphe, elle a gagné ses galons sur la piste en mettant en scène
La Syncope du 7 du collectif AOC et
Le Vertige du papillon, pour la compagnie belge Feria Musica. Aujourd’hui conseillère pédagogique pour la danse au CNAC, elle suit depuis plusieurs années la promotion qui vient de sortir. Elle connaît donc intimement leurs capacités et a su intégrer avec finesse le langage chorégraphié aux prouesses circassiennes.
Ça monte et ça descend
«
La corde, c’est comme les tissus, on s’accroche, on monte les fesses, on se retourne, et on recommence ». La description goguenarde de l’exercice par Jean-François Marguerin, le directeur du CNAC, a de quoi faire sourire et pourtant, il n’a pas tout à fait tort. Généralement, rien ne ressemble plus à un numéro de corde … qu’un numéro de corde. Les interprètes en sont souvent réduits à s’inventer des personnages, des histoires, des costumes pour habiller leur passage, techniquement assez répétitif. Dans
La Part du loup, avec trois élèves spécialisées dans cette discipline, cet agrès devient presque la base de la partition, un élément essentiel en tout cas, qui donne le ton et rythme l’ensemble de la proposition.
Fausses fins
Les écueils n’en restent pas moins nombreux et, en l’occurrence, l’introduction des différents numéros n’est pas le moindre. Fatou Traoré s’en sort plutôt bien, malgré quelques sensations de « fausses fins » à répétition. En tout cas, elle a su composer avec les personnalités de chacun des interprètes et les met en valeur, juste ce qu’il faut pour ne pas nuire à la cohérence de l’ensemble. Des numéros se détachent pourtant (Sandrine Juglair au mât chinois), des silhouettes (Tatiana-Mosio Bongonga, danseuse née), mais on garde surtout de ce spectacle une impression de collectif.
Pas de grande tournée pour cette production académique : après La Villette (jusqu’au 16 août), on pourra voir
La Part du loup à Reims (du 25 au 17 septembre) et à
Auch (du 25 au 27 octobre). Un joli moment.
Illus : © Philippe Cibille
Affiche : DR