Les raves de liberté
Autrefois confinée aux clubs et aux VIP, la rave se libère. Mouvement en marge et populaire, il se réapproprie dans les années 90 des espaces laissés à l'abandon (champs, entrepôts...). En Grande-Bretagne, cette culture de la fête doit aussi à ses artistes rock, pop ou électro qui ont fait la gloire de la rave.
Dès 1988 la culture rave sort des clubs et investit de nouveaux espaces. C’est ce qui fait toute sa spécificité. Les fêtes techno d’alors s’auto-organisent. Les friches industrielles, les entrepôts désaffectés, les champs abandonnés ou éloignés de tout, sont mis à contribution par la jeunesse anglaise. Tous les vendredis soir, la M25, fameux périphérique britannique de la région du Grand Londres que certains surnommeront à juste titre "Orbital" puisqu’elle fait le tour de la capitale (et donnera son nom à un duo techno bien connu), est débordée d’une foule de véhicules en partance pour des fêtes techno annoncées quelques jours avant, uniquement par le biais du bouche à oreille. Equipé de plans rudimentaires, le transpotter cherche avidement le lieu où "cela se passe". C’est la grande migration techno qui se répétera inlassablement tous les week-ends, de la fin des années 80 au début des années 90. Pendant ce temps, l’Allemagne suit lentement le mouvement, tandis que la France attendra 1992 pour réellement – et lentement - s’intégrer au processus. Dans l’Hexagone, on citera les grands rassemblements du sud (à l’initiative des Spiral Tribe, tribu délocalisée aux alentours de Montpellier pour des raisons légales, et en particulier la tristement célèbre loi dite "Criminal Justice Bill du Criminal Justice and Public Order Act" votée par le parlement anglais en 1994) et de l’ouest de la France, tel qu’Astropolis, à l’origine une rave organisée en 1995 dans un champ du nord-finistère, devenue officielle l’année suivante.
4. Une révolution musicale
Musicalement, c’est l’hallali. De nombreux groupes pop s’engouffrent dans le continuum espace temps de l’acid house. Parmi ces groupes emblématiques on citera The Shamen, Primal Scream, The Stone Roses, The Charlatans, Inspiral Carpets, Happy Mondays, New Order ou Stereo MC’s, et jusqu’à Jesus & Mary Chain qui signera l’hymne crossover "Sidewalking", ainsi que les trublions et pionniers post-punk de The Fall avec un "Telephone Things" groovy et démantibulé sur l’album Extricate. Côté artistes electro, on découvre Underworld dont l’incarnation electro-pop new wave sous le nom de Freur n’avait décidément rien à voir avec l’artefact emblématique de la techno des 90’s qu’ils deviendront par la suite, mais également les Chemical Brothers, The Prodigy, Andrew Weatherall, Mixmaster Morris, Coldcut ou encore The Orb, Orbital et Fatboy Slim. La vraie musique électronique reste cependant principalement jouée par les DJ. Des personnalités comme Colin Date, le pionnier de la scène rave anglaise, ou les sus-cités Paul Oakenfold, Danny Rampling et Nick Holloway. La donne culturelle est donc radicalement changée par cette musique hédoniste. Les rockeurs se dotent de synthétiseurs, usent du sampling, se mêlent de rythme. Une nouvelle drogue hallucinogène, l’exctasy, règne en maître, boostant les énergies, ravivant la flamme jusqu’au bout de la nuit.

[illus 2 : Le groupe The Shamen
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| The End Of The World The Real Tuesday Weld |
| Early Classics The Supremes |
| Falco 3 Falco |
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