Abreuvons nos sillons, éditions du Rouergue
Skander Kali est l'auteur d'un premier roman coup de poing, Abreuvons nos sillons. Il y fait parler le jeune Cissé, héros inclassable, qui nous raconte son destin tragique, d'un collège de Vitry-sur-Seine à la prison de Notre-Dame. Le langage est brut, dénué de tout artifice littéraire. Mais en dépit de son écriture singulière, l'écrivain refuse de se voir catégoriser et poursuit son travail en toute indépendance...
Disons que mon métier m’a permis de me mettre à jour et de ne pas sonner faux. Les références, les expressions, les vêtements changent très vite et je me suis au goût du jour en observant. Mais, mis à part quelques détails de « couleur locale » et certaines anecdotes, je n’ai pas fait de recherches particulières sur la psychologie ou le langage des ados. Plus précisément, le mode de narration de Cissé est une pure création littéraire. Je crois qu’un « parler collégien » trop réaliste aurait été trop pauvre, peut-être même incompréhensible et tout simplement soporifique. Le travail a donc consisté à suivre la voix narrative de Cissé, à le laisser parler avec ses réflexions puériles ou adultes, et à le « corriger » pour le rendre plus crédible et plus audible.
Pour l’ensemble d’Abreuvons nos sillons, je me suis très peu inspiré du cinéma. Et en tout cas, pas volontairement. En revanche, j’ai écrit ce passage en 2005 après des lectures : celles de Football Factory de John King et de Paperboy de Pete Dexter. Dexter a été lynché après avoir révélé un trafic de drogue dans une université : ça m’a rappelé les théories sur le bouc-émissaire. Tandis que John King montre des hooligans qui se battent entre bandes, entre eux, entre semblables. Chez lui, la violence des groupes n’est pas explosive : elle est implosive et je trouve ça très bien vu.A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9
Afficher par : naissance / nationalité / métierA B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9
Afficher par : genre litteraire / éditeur