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Souriez, vous êtes clichés...
Pour la rentrée littéraire 2008, deux auteurs qui relèvent du genre de la littérature urbaine (alternativement dite "de banlieue", "de cités") paraîtront chez d'assez gros éditeurs : Faïza Guène, qu'on ne présente plus depuis le succès de son premier roman, et Karim Madani, auteur découvert par Sarbacane et passé chez Belfond pour son second roman. Plus qu'une tendance sociale, la littérature urbaine s'est affirmée ces dernières années comme un vrai mouvement littéraire, avec ses propres codes stylistiques, ses références et ses objectifs. Petit récapitulatif, pour chasser tous les clichés.
Parce que les premiers auteurs de cette nouvelle littérature étaient issus de quartiers "dits difficiles" on a voulu en faire un phénomène de société. On entend encore les clichés répandus par l'idée d'une littérature "de cité" : ses auteurs sont pauvres, mais valeureux, enfants d'immigrés, animés par le désir d'une revanche ou de reconnaissance. Sortis de nulle part, ils n'ont ni fait Normale, ni bien digéré Proust, et ne savent parler que de la cité... Ils sont sympas, mais de là à dire qu'ils font de la littérature ! Parano ?
Pour commencer, la littérature dite urbaine ne date pas d'hier. En quoi consiste-t-elle ? A donner une représentation de la ville, à saisir ses mœurs, ses évolutions, à peindre le foisonnement de ses habitants et de leurs histoires. Souvent, elle le fait avec une énergie remarquable, que l'on songe à la virulence de Céline, à la légèreté de Queneau, à l'insolence de Boris Vian. Comme leurs prédécesseurs, les auteurs de la littérature urbaine d'aujourd'hui s'illustrent par un travail sur le style : ils détournent la belle langue, font éclater le langage courant pour lui rendre plus de force. L'écrivain Skander Kali, auteur d'un premier roman, Abreuvons nos sillons, va même jusqu'à insérer des références classiques, comme La Nausée ou Le Cid, un façon de se démarquer de celles-ci tout en les reconnaissant.
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