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Histoire des Inrocks 2/3
En 1995, le magazine fait sa mue la plus spectaculaire : l’ancien format est abandonné au profit d’un format plus petit, plus léger et surtout hebdomadaire. Les Inrocks perdent dans ce mouvement un peu de leur identité visuelle mais semblent creuser leur sillon.
Les critiques musicales toujours dominantes cèdent du terrain au cinéma, au livre et, c’est la réelle nouveauté, à des articles dits de société. L’audience se développe ; le rock indie est devenu un rock qui se vend (on est en pleine brit pop) et les Inrocks commencent à constituer une « force de progrès » culturel que l’on jalouse. Le magazine devient, pour certains, le "Télérama des Bobos", un modèle d’onanisme intellectuel, snob, élitiste, en même temps qu’une entreprise commerciale non dissimulée.
Les Inrocks deviennent une marque, lancent un festival (en 1990), servent de rampe de lancements à des albums, des films, des pans entiers de la culture populaire. Le magazine reste néanmoins très fréquentable pendant plusieurs années et offre quelques numéros splendides : en mai 1995, la meilleure interview jamais donnée par Michel Rocard, quelques mois plus tard, un entretien incroyable avec John Mac Enroe. Les pages du magazine consacrent Portishead, PJ Harvey, John Woo, Tim Burton mais aussi Jean Echenoz et Mehdi Belhaj Kacem (qui interviewe David Bowie en 1996). C’est dans les domaines du cinéma et de la littérature sûrement où la préciosité des Inrocks est la plus dérangeante et la plus marquée.
Les nouvelles plumes intégrées avec le passage en hebdo (Jade Lindgaard, Francis Dordor, Nelly Kaprielan,…) rendent la ligne éditoriale moins claire. En se professionnalisant, le journal perd son caractère communautaire et sent de plus en plus le positionnement culturo-marketing. En 2001, le journal affiche dans sa maquette un inquiétant glory hole sponsorisé par Nike qui irrite les amateurs de la première heure.
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