La nouvelle série « girly » de The CW fait partie des soaps nouvelle génération type Desperate Housewives, que l’on regarde avec autant d’avidité que de culpabilité. Visant clairement les 16-25 ans mais plus incisif que la plupart de ses collègues, Gossip Girl mélange le superficiel à des thèmes universels avec une mention spéciale à la famille. Dans ce genre de royauté, elle y tient une place prépondérante.
Intrigues en sous-sol
Ce Tudors des temps modernes est porté par un casting de jeunes acteurs inconnus mais convaincants. Les plus méchants tirent leur épingle du jeu. Mi-ange mi-démon, Leighton Meester (Entourage, Veronica Mars) interprète l’obsédée de la perfection Blair Waldorf - une Madame de Merteuil des années 2000 - tandis qu’Ed Westwick prête son troublant physique au diabolique Chuck, aussi bien habillé que mal attentionné. Ces gamins bénis des dieux, dont l’avenir dans les affaires de leurs parents semble tout tracé, se concentrent sur leurs histoires de lycéens. Qui couche avec qui ?, laquelle est en réhab ou s’est fait humilier devant tout le lycée ?, que cache Serena ? Si les intrigues sont parfois tirées par les cheveux, les jeunes restent crédibles - la période du lycée n’est-elle pas vécue dans la réalité comme un perpétuel soap ? Les problèmes de ces gosses de riche sont en tous cas proportionnels à leur compte en banque. Et sont décryptés à travers les répliques mordantes de la mystérieuse blogueuse, à la manière d’Alice dans Desperate Housewives, qui offre le recul nécessaire à ce type d’entreprise.
Famille, je vous hais !
En raison du ton ironique de la série, la cible de Gossip Girl est plus âgée que ses concurrents (Les Frères Scott, Kyle X-Y ou le futur 90210). Une place de choix revient donc aux parents. Et le moins que l’on puisse constater, c’est que les chiens ne font pas des chats. Au menu : divorce, chantage (Nate doit resté avec Blair pour ne pas nuire aux affaires de son père), tentatives de suicide (on en compte deux rien que dans la saison 1), amours contrariées à la Roméo et Juliette. On peut reprocher à la série de trop en faire sur le mode du déterminisme familial, mais ces focus apportent un réel souffle romanesque à l’ensemble. Ici, les parents ne font pas tapisserie. Ils ont des vies en dehors de leur progéniture, des secrets inavouables, des dilemmes déchirants…
Gossip Girl fait partie de ces nouveaux soaps intelligents qui s’adaptent à leur époque. Un soupçon de rêve (la beauté, la jeunesse, l’argent) ajouté à une pincée d’intrigues à suspens sans oublier les nouveaux ingrédients – autodérision, second degré, dialogues percutants –, c’est la recette de Gossip Girl, une drogue douce mais pour le moins addictive. Vous vous dites à chaque fois que c’était la dernière, mais vous en reprenez toujours une dose… Comme le dit la blogueuse à chaque fin de générique : You know you love me.

Illus. © The CW Television Network
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