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Histoire du Shoegaze 2/2
Le shoegaze, impose son style à une frange de la scène rock des années 90 : mise en valeur du bruit, voix en retrait, rejet de la médiatisation. Un sous-genre à forte technicité qui malgré sa courte période d'activité continue d'exister sous diverses formes ou influences.
Le principe de base du shoegaze est de faire jouer deux guitares rythmiques en phase, ce qui donne une épaisseur 3D à un son qui ne demande alors qu’à être déchiré par une série de distorsions et d’effets… spéciaux. Le rythme est donné par une batterie qui peut être aussi bien une batterie classique qu’une boîte à rythme. Cette construction sonore crée d’emblée des passerelles évidentes entre le shoegaze et les musiques électroniques (Brian Eno produira Souvlaki, le meilleur album de Slowdive). Ces directions seront explorées lorsque le mouvement sera débordé par la double apparition du grunge américain et de la brit pop, au milieu des années 90. La séparation des Ride en 1996 marque la défaite des sans visages et le retour des média freaks, les Cobain, Gallagher, Cocker et Albarn, le retour au rock des années 60, des culottes qui valsent et des chanteurs sexy. Avec la fin du shoegaze, le rock abandonne son rêve collectiviste et de modestie. L’avenir sera aux figures hautes en couleur, aux rockeurs people mieux adaptés à "l’identification par le consommateur".
La postérité
Joué et porté par des groupes d’ados, le shoegaze évolue rapidement dans diverses directions musicales qui, sur le fond, ne renient pas les principes fondateurs du mouvement. Certains se recyclent dans l’acoustique et le folk à visage pâle (Slowdive devient Mojave 3, Mark Gardener joue tout seul) et font vœu de discrétion. D’autres creusent la voie instrumentale et électrique jusqu’à plus soif (la filière écossaise de Mogwai), empilant les décibels et les guitares dans des visées symphoniques de toute beauté. D’autres encore inventent le post-rock, sorte de dérivé mâtiné de jazz du shoegaze original, qui préférera l’extinction du bruit à son explosion. Plusieurs groupes choisiront enfin de mettre un peu plus de pop dans leur bruit pour élargir leur audience. Ils sortiront du shoegaze en épurant le son de ses effets : Moose connaîtra un beau succès critique, Verve deviendra The Verve et les Boo Radleys grignoteront quelques parts de marché brit pop.

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