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Censure communiste, parodie, ennui et inspiration occidentale
Dur dur d'être un rockeur en Chine. Peu diffusés par les radios, qui leurs préfèrent la pop de Hongkong et de Taïwan, les groupes de rock doivent aussi faire face à la censure... Conséquence de cette faible exposition médiatique : le public est rare. Marginal, le rock chinois se porte pourtant très bien, musicalement parlant. Surtout dans la capitale, où les groupes brillants se multiplient, sous l’influence du punk new yorkais des 70's. En fait, Pékin est une ville rock depuis longtemps. Petit retour en arrière.
C’est à Pékin que le rock chinois est né, au milieu des années 1980. Lassée du communisme, fascinée par l'Occident, la jeune élite intellectuelle trouve son expression rock dans le mouvement du "Vent du Nord-Ouest". La musique mélange alors guitares nerveuses à l'occidentale avec des airs traditionnels chinois. L’hymne du mouvement, "je n'ai rien" en VF, est écrit par Cui Jian, le père du rock chinois. Cette belle chanson désespérée sera entonnée en 1989 par les étudiants de la place Tian’anmen.
Puis le "Vent du Nord-Ouest" laisse sa place au véritable "rock" dans les années 1990. Adieu folklore et histoire, les rockeurs se font moins nostalgiques. L'ambiance est plutôt au "no future" et à la parodie. Un grand concert rassemble six grands groupes en 1990, dans l'immense Capital Gymnasium de Pékin. Parmi eux les Tang Dynasty, qui reprennent l'internationale communiste, version métal ! Les rockeurs calquent alors leur look sur les groupes occidentaux : perfecto, bottes en cuir et longue tignasse sont de rigueur.
"le contingent de l'ennui"
Mais dès 1993, le soufflé "rock" retombe un peu. Les chinois préfèrent jouir de leur récent pouvoir d'achat plutôt que de garder une oreille rebelle pour le rock. Consommation ne rime pas vraiment avec transgression : les grands magasins intéressent plus que les music stores ou les salles de concert. A cette époque, les formations punks comme Brain Failure beuglent pourtant leur frustration avec une certaine efficacité. Une compile, Wujiao Contingent (1995) - "le contingent de l'ennui" - résume bien l'esprit fin de siècle : désabusé.
Vague punk
Poursuivant sur cette voie en peu nihiliste, les formations actuelles, très portées sur le punk, coupent définitivement avec les racines musicales "folkloriques" du pays. No future. No past. Ne reste, pour eux, qu’à vivre le présent.

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