Retour sur les révélations de la saison
Cette année de télé aura été marquée par la grève des scénaristes. En l’absence de leurs têtes-pensantes, de nombreux shows n’ont pu boucler que la moitié de leur saison. Un mal ? Pas forcément puisque les networks ont tenu compte de la situation et ont renouvelé de nombreuses séries aux audiences jugées décevantes. Une deuxième chance qui leur permettra peut-être de trouver leur public l’année prochaine. Retour sur les perles 2007/2008.
Un retour classé X
Au rayon retour de « has-been » réussi, David Duchovny se pose là. Son costume d’anti-héros flamboyant dans Californication lui va comme un gant. Diffusée sur Showtime, la série, axée sur les tribulations sexuelles de l’écrivain en panne d’inspiration Hank Moody, a été crée par Tom Kapinos, scénariste sur Dawson - délicieuse ironie - certainement un peu frustré par les chastes amours de Dawson, Joey et Pacey... Du coup, Tom s’est lâché sur son bébé, qui débute par Hank en pleine communion avec le Seigneur via une bonne-sœur très accueillante. Shocking ! Enchevêtrement de scènes sexuellement très osées, cette première saison fait aussi mouche par ses dialogues toujours drôles et percutants. Californication n’a toutefois pas crée l’unanimité autour d’elle, certains la jugeant trop superficielle et remplie de provocations gratuites, d’autres au contraire méga-conformiste au vu du season final (très « dawsonien » pour le coup). Si la fin pose des questions pratiques quant à la saison 2 - comment Hank va-t-il continuer à « Californiquer » -, Californication reste une série très plaisante à regarder, rythmée, aux personnages attachants et au ton réjouissant. Les seconds rôles, de la femme (Natascha McElhone) à la fille de Hank (Madeleine Martin) en passant par son éditeur et meilleur ami Charlie (Evan Handler, vu en mari de Charlotte dans Sex and The City), épaulent parfaitement David Duchovny, figure de proue de cet ode au plaisir, déjà diffusé sur M6.
“Smart is the new sexy”
Sur la troisième marche du podium, The Big Bang Theory semble toute désignée. Centrée sur la vie de deux geeks - des petits génies matheux fana de SF, jeux-vidéo et comic books - en collocation dont le quotidien bascule avec l’arrivée d’une belle voisine blonde et candide, cette sitcom brillamment écrite vaut par son excellent générique, ses multiples références à la sous-culture américaine et ses personnages savoureux. Les aventures de Leonard, amoureux transi qui tente d’être cool face à la bombe Penny, s’avèrent un chouia prévisibles, quoique toujours cruellement drôles. La mise en valeur des personnages secondaires - l’obsédé Wolowitz, Koothrappali qui devient muet devant une jolie fille, et surtout l’inadapté social Sheldon – relève le niveau. Egoïste, ignorant des coutumes humaines telles que la politesse ou les relations amicales ne pensant que par déduction physique, le personnage rebrousse-poil de Sheldon (génialement interprété par Jim Parsons) sort son épingle du jeu. On se perd parfois entre physique quantique et théorie des cordes substantielle, mais c’est tout le sel de cette série hilarante. Petite limite à cette réussite : si vous n’êtes pas sensibles à Star Wars, à l’effet doppler, aux jeu de rôles et autres machines à explorer le temps, vous risquez de ne pas trop accrocher à The Big Bang Theory, série dopée aux références américaines en tous genres.
D’autres nouvelles venues ont fait un peu de bruit, notamment Gossip Girl. Adaptation de livres éponymes écrits par Cecily von Ziegesar, le show se penche sur la jeunesse dorée de l’Upper East Side à travers les yeux moqueurs d’une mystérieuse blogueuse, Gossip Girl. Histoires d’amour, amitié, fêtes qui finissent mal, luttes sociales, cette série sympathique et légère se laisse regarder comme une comédie romantique ou un magazine féminin. Les jolies filles, les robes et les soirées mondaines se succèdent avec un zeste de drame. Lancée par The CW avec un gros buzz internet, Gossip Girl n’a pas atteint les audiences espérées, mais a néanmoins été renouvelée pour une seconde saison. TF1 la diffusera l’année prochaine. Dans un autre style, la série Reaper (Le Diable et moi), qui voit un ado un peu loser devenir chasseur de démons pour le Diable, est très prometteuse. Portée par Ray Wise, diablement irrésistible, le show a été acheté par Canal + qui le diffuse pour le moment via Canal +Family.
Thérapies en série
La tendance « série psy » a accouché de deux drama/concept diffusés sur HBO qui ont fait parler d’eux : In Treatment et Tell me you love me. Dans le premier, Gabriel Byrne interprète un thérapeute qui reçoit une personne différente chaque jour de la semaine, sauf le vendredi où il va lui-même consulter quelqu’un. Chaque épisode se déroule en huit clos dans le bureau de Paul, en tête-à-tête avec son client. Les critiques sont divisées en deux camps : ceux qui crient au chef-d’œuvre et ceux qui meurent d’ennui. Pour sa part, Tell me you love me a débarqué sur HBO précédée d’une réputation sulfureuse. Centrée sur les problèmes sexuels et amoureux de trois couples qui consultent la même thérapeute, elle a passé un nouveau cap dans le traitement des scènes intimes. Le sexe et la nudité y sont montrés frontalement dans leur quotidien, sans être embellis. Des rumeurs ont même insinué que les acteurs faisaient vraiment l’amour ! Rien de tel qu’un bon buzz sexe pour lancer une série…
Si aucun programme n’a connu cette année une unanimité critique et publique de l’ampleur d’un Lost ou Heroes (qui a connu un méchant effet boomerang avec la saison 2), on a assisté cette année à la naissance de quelques perles qui, espérons-le, sauront satisfaire leur chaîne en terme d’audience pour pouvoir développer leur potentiel à travers plusieurs saisons.

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