Fantasmes torturés, ambiances morbides, scénarios désespérés. Certains réalisateurs de films pornographiques ont pris à la lettre l’idée qui veut que le sexe est le lieu où s’expriment les facettes les plus obscures de l’humanité.


La naissance du cinéma porno s’est faite sous le signe de la gaudriole. Les premiers chef-d’œuvres qu’il livre sont, eux, de l’ordre de la vision d’horreur. Après avoir réalisé Gorge profonde (Deep Throat) en 1972, Gerard Damiano montre l’exemple en réalisant, l’année suivante, The Devil in Miss Jones : l’histoire d’une jeune femme frustrée que son suicide condamne à l’enfer. Mais arrivée sur les lieux, le diable lui offre la possibilité de retourner sur terre pour assouvir les fantasmes qu’elle n’a pas pu accomplir de son vivant. La jeune femme accepte, ignorant que le prix à payer pour les quelques jours de jouissance que lui offre le diable sera une éternité de frustration, d’autant plus grande qu’elle aura enfin connu la jouissance. La dernière scène du film où Georgina Spelvin, sans parvenir à jouir, se masturbe en implorant son compagnon de damnation de la satisfaire, est à cet égard un monument de cruauté. La preuve : Paul Thomas, dans son remake de 2006 n’hésitera pas à reprendre telle quelle.

Les héritiers de Gerard Damiano

D’autres réalisateurs vont suivre la voie ouverte par Gerard Damiano. Dans le début des années soixante-dix, on peut même dire que l’inspiration dominante est celle représentée par les auteurs ténébreux. Citons le cirque grotesquement mis en scène par les sexologues danois Phyllis et Eberhard Kronhausen dans The Hottest Show in Town (1973). Ou le magnifique Derrière la porte verte (Behind the Green Door - 1972) des frères Jim et Artie Mitchell, dans lequel Marilyn Chambers est l’objet d’un kidnapping. L’exploration du monde des fantasmes ne semble pouvoir se faire que sous l’égide d’un principe de réalité laissé en pâture aux fantaisies de l’inconscient, traitées en images oniriques (les fontaines de sperme surexposées de Behind the Green Door, invention qui fait sans doute de ce film le chef-d’œuvre absolu du X).

Dans les années 1980, c’est la froideur des éclairages et du style propre à l’époque de Dallas qui va donner au genre ses films les plus glaçants : Café Flesh (1982) de Rinse Dream, et l’ensemble de la filmographie de John Leslie.

Illus 1 : © détail de l'affiche du film The Devil in Miss Jones de Gerard Damiano
Illus 2 : © affiche du film Behind the Green Door de Jim et Artie Mitchell
Laurent De Sutter



Sur Flu
Porno en France et partout dans le monde grâce à notre tour du monde du cinéma porno
- L'actu des pornos stars, les liens entre art et sexe et bien plus encore sur le blog sexe.

|   Les ténébreux du X >>>



• Les news de Écrans, le blog cinéma
L'affiche de la semaine : l'amateurisme sympa d'Avatar L'affiche de la semaine : l'amateurisme sympa d'Avatar
  Au diable les moutons de panurge ! Défendons la veuve et...
La rétro des années 2000 : ce que le cinéma dit de nous La rétro des années 2000 : ce que le cinéma dit de nous
Pour faire le point sur les années 2000 qui s'achèvent, nous...
La bande-annonce de la semaine : Esther La bande-annonce de la semaine : Esther
  Réalisé par Jaume Collet-Serra (La Maison de cire), Esther...
Nicolas Cage en 2010 : rien que pour vos cheveux Nicolas Cage en 2010 : rien que pour vos cheveux
2010 appartiendra à Nicolas Cage et à ses étonnantes coupes de...
Un Prophète remporte le prix Louis Delluc Un Prophète remporte le prix Louis Delluc
  Jacques Audiard vient de recevoir le prix Louis Delluc pour...

• Nés aujourd'hui


• Sur le forum Cinéma

Yuki & NinaObjectif Brevet, court métrage amateurC'est comment un casting ?recherche du titre d'un film d'horreurVend Kino flo prix très intéréssant.

• Diaporamas