Fermer
Turok

Avec ses bits et son couteau


Turok


FPS - Xbox 360 - PS3 - Sortie en France le 7 février 2008

De Jurassic Park à Carnosaur, un homme seul ne peut rien face aux reptiles revenus d’entre les fossiles. Sauf s’il est indien. Personnage de comics né en 1954, Turok sera décliné 43 ans plus tard en jeu vidéo sur Nintendo 64. Décidé à faire le ménage dans une série sur le déclin, le Turok de 2008 ignore la cosmologie de son ancêtre pour n’en retirer que son furieux instinct de survie.

Difficile de concevoir Turok comme un produit fin et aimable. L’introduction est sans équivoque. Le front bas des protagonistes et leur eau de toilette Stéroïde N°5 ne laisse planer aucun doute sur la profondeur du scénario. Turok, déserteur d’une unité d’élite nommée Wolf Pack, a été incorporé par a force des choses à un commando de fortune.

Envoyé à la poursuite de Kane, le leader de Wolf Pack, cette poignée d’hommes doit le stopper suite à sa nouvelle vocation de terroriste. Turok et Kane ont un passif conflictuel qui remonte à une expédition sanglante en Amérique du Sud, une accumulation de dommages collatéraux sur civils qui a poussé Turok à claquer la porte.

Cette défection le pose en paria de chaque côté du fusil, ce qui ne facilite pas son insertion comme consultant musculeux de ces bidasses caractériels.

La trame light qu’on me distille par le biais de flashbacks se fera vite phagocyter par l’action. A peine les présentations faites, la navette en direction de la planète où s’est réfugiée Kane subit une avarie et s’écrase en terrain ennemi.

Turok et son binôme grognon se retrouvent alors propulsés en pleine jungle, devenant les matériaux parfaits d’un buddy movie couillu. Une l’intrigue résolument orientée blockbuster d’action, exactement ce qu’on pouvait attendre d’une union entre Touchstone et Disney Interactive.

Indien vaut mieux que deux Vélociraptors
Dans le prolongement de son récit déjà-vu, Turok est graphiquement quelconque, mélodiquement standard, et dispose d’un level design en couloir de bus. Les ennemis humains, soldat-lambda N°45 et ses clones, ne brillent pas par leur intelligence. Ceux-là n’ont pas inventé le fil à couper le dinosaure. Toutefois, leur puissance de feu vous poussera à vous mettre à couvert entre deux salves. Les reptile, en revanches, font partie des ennemis les plus agressifs et teigneux qu’il nous ait été donné de voir depuis quelques années.

Quand les deux se rencontrent, c’est l’effusion. De sang, de joie. On prend un malin plaisir à provoquer le carnage en saccageant de loin un nid d’œufs. Inquiets pour leur portée, des raptors surgissent des fourrés et dévorent la première paire de rangers venue, pendant qu’on se prépare à liquider les survivants.

Turok ne prend sa saveur que sur la longueur, et au prix de choix tactiques contraignants. Joué tel quel comme n’importe quel FPS classique, il n’est qu’une énième production de série. Néanmoins, lorsqu’on décide de délaisser la panoplie de cowboy pour celle de l’indien, le gameplay devient subitement agréable, voire jouissif. Il faut pour cela s’en tenir à l’arc et à couteau-de-survie le bien-nommé.

C’est là qu’on renoue avec l’impulsivité transgénique de Jack Carver dans FarCry. Ce qui nous fait d’autant plus maudire ces niveaux linéaires, ce manque de cartes ouvertes où notre fourberie prédatrice pourrait s’exprimer plus artistiquement. Plutôt qu’un Xanax, on plante sa lame dans l’œil d’un grouillot. Le sourire revient.

Le vague à lame inox
Sacrifiant à la mode des FPS modernes, notre vitalité revient automatiquement au bout de quelques secondes. Cette particularité, exploitée judicieusement permet de remodeler les dynamiques de jeu et l’on en devient audacieux, presque suicidaire. Une fois le timing acquis, on se jette au milieu d’un groupe de vélociraptors en prenant l’initiative. L’efficacité du couteau est telle qu’un seul assaut suffit. Les mini-cinématiques s’enchaînent et les cadavres s’écrasent au sol, secoués d’un spasme de ragdoll.

Le couteau a été optimisé de sorte qu’on puisse se débarrasser d’un ennemi, dans son dos ou de face, en déclenchant un Quick Time Event à proximité de lui. Il suffit d’appuyer sur la gâchette au bon moment et une animation nous montre son exécution sommaire. Les soldats tout comme les dinosaures sont susceptibles de se faire tuer de la sorte.

Turok parvient, grâce à cette fonction, à donner un intérêt tangible à l’arme la plus délaissée du gaming à la première personne. Anecdotique au début, son attrait prend de l’ampleur au fil des combats. La satisfaction de sortir victorieux d’une fusillade en n’ayant utilisé que les moyens du bord est d’autant plus grande.

L’arc, de son côté, permet de combler les vides de gameplay en faisant office d’arme à distance précise et très puissante. Une fois pris en main, on en vient à négliger les armes à feu qui nous paraissent basiques et fades. Ce qu’elles sont, de toute façon.

Le blues du coutelier
Lors du dernier niveau, le duel final entre Turok et son mentor se fait intime. Deux hommes, un seul couteau. Celui qui a vécu par l’épée meurt par l’épée. Notre démarche, qu’on pensait faire diverger de la volonté des concepteurs, la rejoint dans une apothéose cruelle.

Les festivités se terminent après seulement 8 heures de boucherie. Sous un déluge de sang, les questions persistent. Qui osera briser la routine pour partager le parti-pris des développeurs ? Rares seront ceux qui passeront outre la médiocrité apparente de Turok, pour découvrir un hommage vibrant à l’arme la plus négligée des First Person Shooters.
Une utopie qu'on peut mettre au placard dès la première partie online, où les joueurs restent figés dans leurs reflexes conditionnés par des années de Half Life et de Quake.

Une bonne idée ne suffit pas à faire un bon jeu. Turok échoue de peu, de peur de froisser les habitudes des tireurs compulsifs. Un FPS qui, comme son bestiaire, connaîtra donc une disparition prématurée.

Turok
Développeur : Propaganda games
Editeur : Disney Interactive Studios
Sortie en France : 7 février 2008

Rémi Vermont
Sur le web

- Consultez les fils Xbox 360, PS3, Sony, Microsoft et FPS
Radio

ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...

Personnalités

Nés aujourd'hui :

Erik SatieHenri BarbusseRaymond GérômeJean VautrinDennis HopperTaj MahalChristian BlancGerard KrawczykJean-Marie BigardBill PaxtonDave SimJanez Drnovsek EnyaTrent ReznorAndrea CorrTony Parker

Erik Satie / Henri Barbusse / Raymond Gérôme / Jean Vautrin / Dennis Hopper / Taj Mahal / Christian Blanc / Gerard Krawczyk / Jean-Marie Bigard / Bill Paxton / Dave Sim / Janez Drnovsek / Enya / Trent Reznor / Andrea Corr / Tony Parker /

L'abécédaire

 A   B   C   D   E   F   G   H   I   J   K   L   M   N   O   P   Q   R   S   T   U   V   W   X   Y   Z 

Afficher par : naissance / nationalité / métier

Les concours sur Fluctuat
Des places à gagner pour Ask the Dust et A place to bury strangers Des B.O. et des livres Paranoid Park à gagner Remportez l'autobiographie de Tony Visconti
Des places à gagner pour Ask the Dust et A place to bury strangers
Des B.O. et des livres Paranoid Park à gagner
Remportez l'autobiographie de Tony Visconti

Zoom sur

Quentin TarantinoArcade FireBjörkKeny ArkanaSophie MarceauNicolas SarkozyEmmanuelle SeignerWong Kar-WaiMichael MooreAudrey TautouScarlett JohanssonJohnny Depp

Quentin Tarantino / Arcade Fire / Björk / Keny Arkana / Sophie Marceau / Nicolas Sarkozy / Emmanuelle Seigner / Wong Kar-Wai / Michael Moore / Audrey Tautou / Scarlett Johansson / Johnny Depp

Les tags Jeux vidéo

cinema et jeux vidéo console DS E3 GTA katamari damacy konami MMORPG namco next-gen PC PS3 RPG ubisoft Xbox arcade art et gaming capcom fps game design gamecube gc gaming société geek gaming guitar hero industrie du jeu vidéo éditeurs de jeu indépendants jeux flash machinima mario bros metal gear solid microsoft musique et jeux vidéo nintendo pause café playstation politique et jeu vidéo ps2 psp pub et gaming retrogaming rockstar sega sexe et jeu vidéo sony sport survival horror wii wow xbox 360 zombie
Sur le forum jeux-vidéo

- Plein de jeux en flash Gratuits
- Grand jeu-concours de Pronostic: "le Prono...
- tem
- Sega Master System
- Vends amBX premium NEUF

La newsletter