| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Entretien avec Rachida Brakni |
| . | Entretien avec George Clooney |
| . | Entretien avec John Hurt |
| . | Entretien avec Alex de la Iglesia |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | Wanted : choisis ton destin |
| . | Lake Tahoe |
| . | Les Proies |
| . | Glory to the Filmmaker ! |
| . | Broken English |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Les films de l'été |
| . | Palmarès Cannes |
| . | Histoire du cinéma mexicain |
| . | Super héros et cinéma |
| . | Cinéma et Rock'n'roll |
| . | Tous les dossiers ciné |
De Godard à Kowalski en passant par Dylan, cinq expériences rock au cinéma indispensables pour aborder le genre diffus du film rock.
One+One
Jean-Luc Godard (1968)
Le cérébral Godard part à Londres et filme l’un des deux groupes les plus adulés de son époque – les Rolling Stones - au travail. Ni sexe, ni drogue, mais du rock’n’roll, et pris en plein processus de création et loin des clichés véhiculés par le genre. Tout d’abord un simple riff, puis le morceau mythique Sympathy for the devil se compose par ajouts de couches sonores, dans le doute et le tâtonnement. Godard capte ce long travail de recherche tel un scientifique : avec distance et discrétion. Dans le grand studio où répètent les Stones, la caméra du Suisse se promène et dévoile le rock comme on ne l’a jamais vu.
Renaldo et Clara
De Bob Dylan (1978)
Le film qui fait courir les fans de Dylan, et les déçoit la plupart du temps. Et pourtant, cet unique long métrage de fiction réalisé par le chanteur-compositeur est une sorte de poésie foutraque et sauvage ; Conçu, comme souvent chez Dylan, à l’encontre des attentes du public et volontairement bordélique, Renaldo et Clara suit bien la vie d’un groupe de rock, ses affres et ses joies éphémères, mais Dylan joue Renaldo tendis que Ronnie Hawkins, son guitariste, interprète… Bob Dylan. Joan Baez apparaît aux côtés de la femme de Dylan, en pute de luxe, et toute la vie fantasmée de l’artiste se mêle allègrement à ce qu’on a difficilement appelé sa « vie réelle ». Bref, bien avant I'm Not There, Dylan est au cœur de sa mythologie, et s’en amuse comme un fou.
Benjamin Smoke
De Jem Cohen (2001)
Jem Cohen fait partie de ces vidéastes qui ont voué leur vie à filmer des groupes plus ou moins obscures, mais toujours brillants. Mélomane passionné avant tout, il a consacré des films à Fugazi, The Ex, R.E.M. et ce Benjamin Smoke, chanteur inconnu au bataillon, décédé depuis, dont la découverte est pour le moins fulgurante. Par sa personnalité bien sûr, et parce que Jem Cohen trouve un rythme délicat pour nous amener dans son univers, et par la grâce d’un chant qui semble déjà d’outre tombe, Benjamin Smoke nous bouleverse, nous fait regretter de ne pas l’avoir connu du temps de son vivant. Un très beau film pour un bel artiste.
Born to Lose
De Lech Kowalski (2001)
A partir d’une somme considérable d’images tournées tout au long d’une amitié réelle entre Lech Kowalski et Johnnie Thunder, des projets de film ont vu le jour. Cinéaste, documentariste privilégié de la scène punk new yorkaise à laquelle il participa, Kowalski filme Thunder dans ses dernières années, alors que la drogue l’a transformé physiquement et l’affaiblit chaque jour un peu plus. Et pourtant, ce portrait n’exhibe pas le moindre instant la tragédie et le pathos. Comme une flamme sur le point de s’éteindre, Thunder apparaît comme un funambule en plein déséquilibre, mais toujours habité par la grâce. Qu’il soit charmeur avec la caméra ou juste absolument insupportable, le film est un modèle de portrait d’une star du rock : loin des clichés, Kowalski nous plonge dans des situations inattendues, souvent drôles et parfois cruelles, qui donnent une grande profondeur humaine au personnage.
"Eli, Eli, Lema Sabachthani ?"
Shinji Aoyama (Cannes 2005)
Lors du festival de Cannes en 2005, les spectateurs d’Un Certain Regard ont vécu pendant presque deux heures l’expérience d’un concert particulièrement noisy, le son poussé à fond. « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » interroge le titre de ce trip bruitiste, dont l’alibi scénaristique tient en un fil : alors qu’un virus pousse la population du Japon à se suicider en masse, un petit groupe d’individu semble avoir trouvé une solution : ils font des larsens très forts, et cela ressemble même à de la musique. Tadanobu Asano et ses comparses semblent s’en livrer à cœur joie (une des bases du film rock) et détruisent méticuleusement les oreilles des spectateurs. Indispensable, pour le fun et la douleur.