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Crimes à Oxford

Critique

Lecteurs

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Cluedo savant

Entre Sherlock Holmes, Hitchcock et abrégé de logique ou de philo, Crimes à Oxford tente de retrouver le classicisme du film à énigme soutenu par une argumentation théorique. Mieux vaut revoir l’intégrale de Dr House.

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Après 800 balles et Le Crime Farpait, Alex de la Iglesia sort enfin, un peu, de sa période cinéphile boutonneux. C’est mieux, mais pas encore ça. Crimes à Oxford était pourtant une belle occasion pour s’affranchir des conventions ironiques de l’hommage jouvenceau au cinéma. Retour au classicisme du film à enquête dans la tradition de Conan Doyle et Hitchcock (comme quoi l’empreinte du maître est encore là et bien visible), exil en terre britannique pour retrouver le goût et l’ambiance du meurtre à l’anglaise, grands duels de rhétorique et d’égo entre John Hurt et Elijah Wood relisant Wittgenstein et autres logiciens, tout était là, a priori, pour donner le ton et l’allure à un genre, qui s’il n’est pas nouveau, a son charme. Raté, la mécanique ne prend pas. Incapable de s'approprier le roman à l’origine, de la Iglesia peine à mettre des images sur un récit très littéraire. Le problème est en fait assez simple : Crimes à Oxford repose sur une argumentation théorique, mathématique et philosophique (sur la relativité de la vérité), qu’il tente d’illustrer sans jamais y arriver autrement qu’en le justifiant par un dialogue ou les détours du scénario. Un plan séquence de palmien essaie de faire illusion un instant, mais sa grossièreté prouve combien de la Iglesia peine à être à la hauteur des concepts que son récit convoque et dont il ne garde qu’une superficialité. N’en ressort alors qu’un Cluedo savant et mou qui a le moindre mérite de rappeler ce que disait Deleuze : les wittgensteiniens sont des assassins de la philosophie.

Crimes à Oxford
De Alex de la Iglesia
Avec John Hurt, Elijah Wood, Leonor Watling
Sortie en salles le 26 mars 2008

Illus. © La Fabrique de Films

Jérôme Dittmar