Bientôt la 4e et dernière saison
Sexe et violence, mâles virils et femmes volages, basses intrigues et hauts faits d’arme : Les Tudors poursuivent leurs aventures pour une quatrième et dernière saison.
Henri VIII et sa cour y sont dépeints avec faste – un genre de Rome de la Renaissance. Une version glamourisée de l’histoire d’Angleterre qui prend des libertés avec les faits historiques, mais pour la bonne cause de l'efficacité dramatique.
Une grande saga historique ? Après les splendeurs et décadences de Rome, on en serait presque blasés, en tous cas plus exigeants quand arrive la nouvelle super-production télé transatlantique, fruit de l’association de la BBC et de Showtime.
Nous ne sommes plus dans la Rome antique mais dans l’Angleterre de la Renaissance, sous le règne d'Henri VIII (père d'Elizabeth I), roi conquérant, glorieux et amoureux. Quelques qualités essentielles pour faire l’objet d’une bonne série télé. Comme dans Rome, le mélange entre le soap et le thriller est savoureux, l’écriture est de haut niveau et l’image soignée. Et comme dans Rome, il s’agit aussi, par les divertissantes histoires de cul, d’intrigues et de luttes, d’explorer un pan de l’histoire et la pratique du pouvoir en d'autres temps – éclairant au passage notre présent.
Une époque télégénique
Au début du XVIe siècle, l’Europe est gouvernée par trois monarques post-adolescents surpuissants. François 1er en France, Charles Quint, qui règne sur le Saint Empire romain-germanique, et Henri VIII, roi d’Angleterre.
L’âge des hommes les plus puissants d’Europe a son importance pour comprendre la futilité dans laquelle verse parfois The Tudors, où Henri VIII se renseignant sur François 1er avant de le rencontrer pour la première fois demande s’il a d’aussi beaux mollets que lui. Où les titres pleuvent et les têtes tombent au gré des humeurs du roi. Où les alliances se rompent sur une séance de lutte à mains nues entre deux souverains. L’époque choisie est particulièrement télégénique : un grand roi, réputé pour sa beauté, sa force physique et son amour des femmes, qui s’est marié six fois et a provoqué le schisme de l’Eglise pour justement pouvoir divorcer, fondant ainsi l’anglicanisme. Une plongée dans le règne d’Henri VIII donc, sur une dizaine d’années, au moment où il tente par tous les moyens de se débarrasser de sa première épouse Catherine d’Aragon, inapte à lui donner un fils, pour épouser Anne Boleyn, une dame d’honneur de la reine dont il tombe éperdument amoureux.
Libertés historiques et efficacité dramatique
Dans la peau de ce roi flamboyant, Jonathan Rhys-Meyers (Match Point), version hollywoodienne d'Henri VIII (dont on appréciera peu la beauté de nos jours au vu de ses portraits), mais sublime et inquiétant, toujours sur le fil, excessif dans ses amours et ses haines. Le reste du casting, pour la plupart des comédiens de théâtre, est largement à la hauteur et donne une impression de réalisme à l’ensemble de cette grande fresque.
Pourtant, Michael Hirst, l’auteur et créateur de The Tudors, a pris quelques libertés avec la véracité historique. Une historienne spécialiste de cette époque en a fait une analyse pour The Guardian où elle relève les incohérences, pas tant au niveau des faits que des mœurs, des costumes, et des péripéties de certains personnages, loin d’être avérées. Mais par des ressorts dramatiques efficaces et une bonne compréhension de l’époque, Michael Hirst (qui connaît bien ce pan de l’histoire pour avoir écrit les deux volets d’Elizabeth de Shekhar Kapur) en a saisi l’essentiel. Comme dans Rome, l’immersion en territoire et temps étrangers est totale.
La comparaison avec la série de HBO a tout de même ses limites. Là où l’originalité de Rome était d’accorder une grande place à deux personnages fictifs provenant de la plèbe, proposant aussi une vision non-officielle de l’Histoire, The Tudors repose sur des canons plus classiques, sur le modèle des grandes tragédies : tous les personnages sont royaux ou nobles, tous ont existé. L’outrance en est limité, l’imagination un peu bridée. Cela dit l’histoire des « grands », du moment qu’elle comporte une dose suffisante de sexe et de rebondissements, suffit largement à faire une série efficace et, ici, de haute volée.
La deuxième saison est en route.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9
Afficher par : naissance / nationalité / métier