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Le Voyage de Primo Levi

Critique

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Sombre road-movie

A partir de La Trêve, le récit qu'a fait Primo Levi de son étrange périple à la sortie d'Auschwitz, Davide Ferrario construit un voyage documentaire complexe sur les traces de l'écrivain italien dans l'Europe post-communiste. Un questionnement à la fois universel et très personnel sur l'histoire, la mémoire, et le présent confus de régions désorientées.

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Le 27 juin 1945, Primo Levi est libéré d'Auschwitz. Il ne sera pourtant de retour chez lui que dix mois plus tard, après un périple ahurissant à travers l'Europe centrale ravagée par la guerre. Des années après il en tire la matière de La Trêve, récit de ce voyage absurde sous la surveillance de l'Armée rouge.
En 2005, Davide Ferrario (Dopo mezzanotte, après minuit) part sur les traces de l'écrivain italien en reconstituant étape par étape le voyage qui l'a mené d'Auschwitz à Turin, en passant par l'Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et l'Autriche.

A chaque étape son instantané, ses individus apparemment rencontrés au hasard qui racontent des fragments de leur histoire, peignant par petites touches un tableau assez énigmatique quand on tente de le voir dans sa globalité. Des images d'archives et des extraits de La Trêve en voix off ponctuent les images du présent, et se répondent d'une manière peu évidente, si ce n'est pour nous dire que ça va toujours mal. Une impression renforcée par une bande son assez éprouvante, et un certain dédain de la beauté du cadre. Est-ce ce que le réalisateur italien a cherché à dire en suivant soixante ans après la trace pleine de souffrance de l'auteur de Si c'est un homme ? Les temps ont changé mais pas leur dureté ?
L'un des intérêts majeurs de ce road-movie documentaire est ce point de vue, si impalpable qu'il laisse à chacun le soin d'en tirer ses propres leçons.

© Chrysalis Films
Vanina Arrighi de Casanova