Si Paris et Lyon avaient été des symboles de victoire pour la gauche ( par ailleurs plutôt défaite) en 2001, tous les regards convergent désormais cette année vers Toulouse. L'effet Dominique Baudis totalement dissipé, la quatrième ville du pays va t-elle élire son premier maire de gauche depuis 37 ans ?

La ville rose est un bastion de la droite depuis 36 ans. Mais c'est aussi un fief de gauche qui aurait envoyé Jospin à l'Elysée si elle avait été seule à choisir en 2002.
Tel est le paradoxe de la vie politique locale , ville de gauche, maire de droite. A la dernière présidentielle, Ségolène Royal y a obtenu 57% des voix et la gauche a raflé toutes les circonscriptions du département aux législatives. La Région est également aux mains des socialistes. Mais la mairie, elle, ne bouge pas.

De 1971 à 2001 c'est le règne des Baudis : A Pierre (1971-1983) succèdera son fils Dominique (1983-2001). Ce sera ensuite Philippe Douste-Blazy avant que celui-ci ne devienne le ministre de la Santé et de la protection sociale de Jean-Pierre Raffarin.
Au départ véritable dauphin de la dynastie Baudis, Douste-Blazy se grille complètement en lâchant Dominique quand celui-ci est mis en cause dans l'affaire Allègre. L'ancien maire est lavé de tout soupçon le 11 juillet 2005. Mais il ne digère pas la passivité de Douste Blazy, et ne lui pardonne pas de ne pas l'avoir soutenu.

Une fois dans le gouvernement Raffarin, Douste-Blazy est donc remplacé par Jean-Luc Moudenc son adjoint, apparenté UMP. Centriste tranquille, ce dernier s'appuie sur un bon bilan et sur une liste marquée par l'ouverture. On y retrouve des figures de la gauche locale (Benhayoun-Nakache et Gely) et des personnalités issues de la société civile (l'ancien capitaine du XV de France, Fabien Pelous). Moudenc se veut discret et n'utilise pas trop la carte Sarkozy ni celle de Baudis qui le soutient de toute façon du bout des lèvres. Le maire actuel est en place sans que les Toulousains ne l'aient élu, et a été battu lors des législatives par la socialiste Catherine Lemorton, après avoir pourtant terminé en tête au premier tour.

Si bien que face à lui le socialiste Pierre Cohen nourrit de sérieux espoirs. Il a fait l'union-partielle- de la gauche derrière lui. Son programme se base entre autre sur la volonté d'une ville moins chère, un logement abordable et le retour de la volonté publique (généralisation de la police de proximité dans les quartiers). Et compte sur l'effet Royal venue le soutenir vigoureusement le 05 mars. Et aider le favori à à faire tomber le dernier rempart de la droite dans une région à gauche. Ne manquerait que Marseille pour que la gauche détienne les quatre plus grandes villes du pays.

Les autres candidats

- La liste du MoDem est menée par Jean-Luc Forget, dont les colistiers viennent tous de la société civile. Une manière pour cette avocat d'aborder le débat politique différemment.

- « L'autre liste », avec à sa tête le Dr François Simon, veut rassembler la gauche du PS. Elle identifie cinq défis majeurs pour la ville rose : l'étalement urbain, la crise économique et les délocalisations, la crise du logement, les problèmes des quartiers et la situation écologique.

Charif Baghdadi




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