Histoire de la New Wave 8/8
Petite discographie, non exhaustive mais indispensable pour caresser la new wave du bout des oreilles. New Wave anglophone et française avec The Cure, XTC, Baroque Bordello... Sélection de 11 albums, et non 10, pour savoir enfin qu'est ce qui est new wave et qu'est-ce qui ne l'est pas.
Mieux que Pink Flag, 154 est un album à la fois énergique, tendu et sans graisse. Graham Lewis est parfait et le son atmosphérique du groupe fait merveille. La quintessence du son new wave avant sa corruption est ici et nulle part ailleurs. Titres : "I should have known better", "The 15th".
Young Marble Giants - Colossal Youth (1980)
Une voix, une basse et des titres joyaux, les gallois de YMG se consument vite mais laissent un album unique, impeccable et légendaire. Alison Staton et les frères Moxham ne sont pas loin du sans faute. Titres : "Salad Days", "Eating Noddemix".
Duran Duran – Duran Duran (1981)
Avec ses tubes et ses clips mythiques taillés pour le succès, le premier album de Duran Duran est le plus fréquentable et annonce des années 80 très glamour et poudrées. Simon Le Bon, Nick Rhodes et les deux Taylor en seront les prêtres suprêmes. La décennie ne pouvait pas mieux démarrer. Elle allait être longue, très longue à partir de là. Titres : "Girls On Film", "Planet Earth".
The Only Ones – The Only Ones (1978)
Premier album du groupe de Peter Perrett et John Perry, l’album est un bel exemple de dépassement du punk par d’autres moyens. La poésie de Perrett est noire et ultratravaillée et aura une postérité qui n’a pas faibli jusqu’à leur récente reformation. Titres : "Another Girl, Another Planet", "The Beast", "No Peace for the Wicked".
Grauzone – Die Sunrise Tapes (1981/1998)
Le groupe de Stephan Eicher est l’un des pionniers de la new wave allemande (suisse en fait). L’influence électro de Kraftwerk est partout mais un peu plus légère ici qu’ailleurs. L’électro-pop pointe le nez et envahit bientôt les clubs. Eicher passe à l’ennemi, Grauzone reste et devient avec son titre le plus célèbre l’hymne de l’ours Knut. Titres : "Eisbaer", "Raum".
Virgin Prunes – If I Die, I Die (1982)
L’album gothique par excellence et un spectacle incroyable sur scène. Gavin Friday s’amuse comme un fou avec son compère le futur peintre Guggi et ses poupées morbides. On se croirait à un spectacle de magie en enfer. Friday terminera comme conseiller spécial de son altesse Bono puis reprendra "Daddy Cool". A voir plus qu’à écouter ? Titres : "Decline And Fall", "Walls of Jericho".
Baroque Bordello – Via et Paranoiac Songs (1984)
Avec un premier maxi produit par Lol Tolhurst, les BB, au nom inspiré par un morceau des Stranglers, sont l’un des groupes français de l’époque les plus curieux et intéressants. Weena chante presque comme Patti Smith et Alain Frappier est à la guitare. Titres : "No Killer", "No Hunter" et "Voyageur".
Felt – Forever Breathes The Lonely World (1986)
Troisième essai du groupe culte (et inconnu) de Birmingham, l’album est dominé par le clavier du beau Martin Duffy, propulsé cover star pour l’occasion, et par la voix de son leader mégalo Lawrence qu’on retrouvera plus tard chez Denim ouGo Kart Mozart. La guitare de Maurice Deebank embellit le travail des deux autres et fait de Felt l’un des groupes les plus sous-estimés de la période. Titres : "All The People I Like Are Those That Are Dead" et "Hours of Darkness Have Changed My Mind".
The Cure – The Top (1984)
Mal aimé des fans, l’album "solo" de Robert Smith est un joyeux mélange typiquement new wave à redécouvrir. Smith quitte Siouxsie dont il était le guitariste, retrouve (partiellement) le sourire et le goût de l’expérimentation. On trouve même en face B un impensable "Happy The Man". Titres : "Birdmad Girl", "Dressing Up" et "Shake Dog Shake".
XTC – Black Sea (1980)
Pop ou new wave, punk ou Beach Boys, les XTC, princes de Swindon, sont impeccables et sûrement les plus savamment inventifs des années 80. Mélodiques, pétris de références et savamment hermétiques, Partridge et Moulding s’apprêtent à abandonner la scène et à devenir l’un des plus grands groupes souterrains du monde (Skylarking, 1986). Titres : "Rocket From The Bottle", "The Somnambulist" et "Towers of London".
Frankie Goes To Hollywood – Welcome To The Pleasure Dome (1984)
Album excessif et passionnant, le Welcome To The Pleasure Dome souvent résumé au sexuel "Relax", fourmille d’expérimentations entre le classique, l’expérimental, le kitsch, le rock chevelu et le grand guignol. La voix deHolly Johnson récite Nietzsche et s’envoie en l’air le plus souvent possible. L’une des entrées en matière les plus remarquées de l’histoire du rock et du bonheur gay en barres. Say Frankie Say. Titres : "Two Tribes" et son clip Guerre Froide, "The only star in heaven", "The ballad of 32" ou l’incroyable titre éponyme.
[Illustration 1 : Wire - 154]
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