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Inutile d’attendre un miracle à l’énoncé du nom de Simon Pegg, Cours toujours Dennis est une comédie romantique classique qui connaît ses classiques, et c’est ça qui est bien.
Au difficile exercice de la comédie romantique, deux écoles : hollywoodienne (celle qui a tout inventé à partir de Lubitsch et McCarey), et britannique (révélée plus récemment avec Coup de foudre à Notting Hill ou Love Actually). Dans ce cadre Cours toujours Dennis se la joue moins match au sommet que rencontre amicale. Au scénario et devant la caméra le british Simon Pegg, célèbre pour ses séries télé et ses parodies cinéphiles amoureuses (Shaun of the Dead, Hot Fuzz), derrière l’objectif le new-yorkais David Schwimmer, ex Ross de Friends qui signe ici son premier long après quelques essais à la télé. Sans faire des étincelles, la cohabitation est sympathique et surtout courtoise. Certes le pitch est classique : un gars immature (Pegg) veut reconquérir son ex qu’il a planté le jour de leur mariage alors qu’elle était enceinte. Pour prouver à son fils qu’il est un père digne de ce nom et enfin arrêter de fuir ses responsabilités, il prend comme challenge de finir un marathon où court l'amant américain de son ex, un beau gosse riche et prétentieux. Tout ça évoque quelques réminiscences et autres stéréotypes, évidemment, mais c’est un parti pris.
Car chez Schwimmer et Pegg, aucune volonté de révolutionner la comédie romantique ou d’ironiser en la déconstruisant, ils la respectent trop pour ça. Cours toujours ne dévie donc jamais des codes balisés du genre, des passages obligés du récit aux inévitables sidekicks allant du meilleur pote invraisemblable au voisin tout à fait improbable. C’est toujours l’histoire d’une quête individuelle qui prend un essor collectif. Son originalité, néanmoins, tient au melting-pot des styles et des tonalités : à Pegg l’humour british un peu prosaïque et puéril (le plus souvent justifié), à Schwimmer d’alléger et temporiser cette tendance gras du bide par une mise en scène tout en douceur et légèreté. Bel équilibre donc pour mêler rire et sensibilité sans que personne ne se trahisse, tout en critiquant au passage de concert l’arrogance de la nouvelle bourgeoisie londonienne : là où l'Américain voit dans le marathon une performance à la hauteur de son ego, Pegg y participe pour se prouver à lui-même et à sa famille qu'il vaut quelque chose. La nuance tient dans l'objet de la victoire qui n'est pas seulement soi mais une preuve d'amour et un devenir ensemble. On a vu pire morale.
Cours toujours Dennis
De David Schwimmer
Avec Simon Pegg, Thandie Newton, Hank Azaria
Sortie en salles le 5 mars 2007
