Pendant que la droite s'étripe, Bertrand Delanoë est en passe de réussir ce que Ségolène Royal a raté pendant la présidentielle : fédérer du parti communiste au Modem sans vexer personne. Mais comment fait-il ? Tentative de réponse avec son dernier meeting parisien.
On connaît la position des verts. Denis Baupin, ancien conseiller chargé des transports, mène une candidature autonome pour donner de l'écho à son projet- via un hypothétique bon score- et peser au conseil municipal.
Si le report des voix écolos sur le maire sortant semble acquis, celles du MoDem de Marielle de Sarnez, crédité de 10% au premier tour ce qui lui donne une assise non négligeable, seront peut-être plus farouches.
Après avoir un temps envisagé de faire équipe avec la force orange, Delanoë se veut plus réservé depuis quelques réactions hostiles exprimées sur sa gauche. Pour le parti communiste et les Verts, le MoDem représente cette droite déguisée, opportuniste, et dont l'engagement est qualifié de ponctuel.
"S'il s'allie, on reprend nos billes"
Aujourd'hui, Bertrand Delanoë a réussi, hormis les verts, à faire l'union de la gauche, rassemblant derrière sa candidature le PC, les Radicaux de gauche et le Mouvement républicain et citoyen.
Mais les militants de ces formations ont été très clairs. « S'il s'allie officiellement avec le MoDem après le premier tour, on reprend nos billes » dixit Antoine, militant du PCF venu hier soir prendre la température au Zénith. Officiellement? Oui car hier, Delanoë a préféré rassurer ses alliés de la première heure et ne pas solliciter directement les électeurs du MoDem. Il s'affirme comme « un homme de gauche » qui n'est pas « tributaire d'une stratégie à géométrie variable ».
Au reste n'a t-il pas vraiment besoin d'insister s'il s'en tient aux chiffres: deux centristes sur trois voteraient Delanoë au deuxième tour.
Sarnez l'a bien compris : sans donner de claire consigne de votes, la candidate attaque peu le bilan du maire et ne parle tout simplement jamais de Panafieu.
L'électorat du MoDem est tout sauf homogène. Plutôt à droite sur Bordeaux, à gauche pour Paris.
Aux appels allusifs de Delanoë répond le soutien silencieux de la centriste. « J'aime trop la démocratie pour lui demander de faire des zig zag. La démocratie c'est tout droit » a dit Delanoë lors de son meeting. Lui roule à gauche mordant gentiment sur la ligne. Les derniers sondages lui donnent 43% au premier tour, le MoDem avec ses 9 % ne peut prétendre se maintenir au second tour mais n'en est pas loin. 10 % sont nécessaires. 10 % c'est aussi ce qui sépare Panafieu de Delanoë. A Paris ville de gauche, l'élection se joue au Centre.
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