Françoise de Panafieu est partie pour prendre une toise sans grand suspense face à Bertrand Delanoë. Et pour cause : bisbilles, parachutages et dissidences, la droite parisienne n'en finit pas d'étaler ses divergences dans un contexte politique déjà difficile . Pendant ce temps le maire de Paris ratisse du PC au Modem.
Laissons de côté " la magie sarkozyenne" au rythme ralenti pour nous concentrer sur la cuisine interne UMP.
Alors que les dissensions au parti socialiste n'en finissent pas d'alimenter la chronique, à Paris c'est surtout la droite qui se singularise sur ce plan : piques, dissidences, bugs dans la communication et guerres de clans, l'UMP voudrait prendre une toise qu'elle ne s'y prendrait pas autrement. Lellouche encore : "La droite à Paris a le même genre de problème de fond que la gauche en France"
Conflits ouverts
Le cas Lellouche - décidément - incarne d'ailleurs bien le malaise : issu du 9ème arrondissement où la lutte sera plus âpre, le député a obtenu de Sarkozy et Devedjian une bien tranquille candidature dans le VIII ème arrondissement de François Lebel. Celui-ci ne l'entend pas de cette oreille et - fort du soutien de Claude Goasguen et Bernard Debré qui jugent Lellouche un rien couard - monte une liste dissidente. Le 02 février, à Nicolas Sarkozy qu'il vient de marier à Carla Bruni, Lebel glisse un " vous imaginez que le maire qui marie le président perde aux municipales..."
Parachutages, dissidences, politesses et faux pas, tout le cocktail épicé de la droite parisienne est là.
Certes le VIII ème arrondissement semble dans tous les cas acquis aux conservateurs et la droite y a tout le loisir de la guerre interne.
Mais là où elle devrait se battre en rangs serrés, elle ne fait guère preuve de plus d'habileté. Comme dans le 12eme arrondissement où le parachutage d'Arno Klarsfeld lors des élections législatives fut un désastre. Même la récente victoire de la droite à la présidentielle n'avait pu servir de dynamique à la campagne de l'avocat .
Mais l'UMP n'a pas retenu la leçon, et pour les municipales de cette année, c'est Jean-Marie Cavada, ancien du MoDem passé à l'UMP, qui se présente. La majorité fait encore le pari d'une candidature médiatique, malgré le premier avertissement donné l'année dernière par les électeurs.
Pourtant l'arrondissement est stratégique dans la bataille pour la mairie : Grâce au nombre de conseillers délivrés, c'est là que se joue en partie le basculement.
Les listes dissidentes se multiplient à mesure que la campagne avance, handicapant une droite incapable de procéder à une union pourtant indispensable.
Le choix Panafieu
Les premiers couacs remontent à l'investiture de Françoise de Panafieu. Elle n'a jamais fait l'unanimité auprès des siens, qui eurent, pour certains, beaucoup de mal à accepter sa nomination. "Françoise [de Panafieu] n'impulse aucun souffle nouveau, elle s'enfonce dans la spirale de l'échec." Voilà ce que disait en juin dernier Bernard Debré longtemps candidat lui-même et qui insiste depuis le début sur le fait que la maire du 17 ème n'a « ni programme ni stratégie ». Dès le départ il y eut un doute sur la légitimité de la candidature de Mme de Panafieu: lors des primaires de l'UMP, sur 1.000.000 d'inscrits seul 5.000 auraient voté pour la maire du 17eme. Les choses ne sont guère arrangées depuis.
Delanoë à Paris plutôt qu'à l'Elysée ?
Si bien qu'on se demande si Sarkozy,plutôt bon en campagne,n'a pas déjà fait une croix sur la capitale. Même au mieux de sa forme, le président n'a jamais jugé utile de voler à la rescousse de la candidate. Le Canard rapporta un propos résumant l'intérêt présidentiel ! "Qu'on ne m'emmerde pas avec elle, elle a perdu ».
Cette eventualité peut être justifiée par l'hypothèse d'un choix stratégique de la part de Nicolas Sarkozy : laisser Paris à Bertrand Delanoë, le confiner dans un rôle d'élu local, et l'empêcher de prendre une dimension nationale. Après Dominique Strauss Kahn envoyé à la présidence du FMI, c'est au tour de Delanoë d'être mis hors d'état de nuire.
Pendant ce temps les barons de la droite parisienne préparent l'après-Panafieu.
Charif Bagdhadi (avec Daniel De Almeida)
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