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Benjamin Gates et le Livre des Secrets

Critique

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L’aventure c’est plus trop l’aventure

C’est toujours aussi bête, conceptuel et opportuniste, mais tant pis, la série des Benjamin Gates reste sympathique et plutôt drôle malgré son américanisme boutonneux. Cousine de Pirates des Caraïbes, en moins bien, un esprit BD lui sauve aussi la mise.

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La licence Benjamin Gates, alias National Treasure, c’est un peu une version disneylandisée d’Indiana Jones traumatisée par le Da Vinci Code. Incontestablement c’est débile, ultra balourd, et cette vision de l’Histoire transcendée par la Bruckheimer touch a de quoi faire sauter au plafond. Rien de pédagogique, que des mythes en carton et même pour l’aventure, c’est la panne. Pourtant, tout est si grossier, voire grotesque, que cette suite (comme le précédent) est finalement une excellente comédie. Le pitch d’abord, énorme : Gates veut laver l’honneur de sa famille menacée d’être accusée d’avoir participé à l’assassinat de Lincoln. Pour ça, attention de ne pas rater le début, il doit trouver Cibola, une des cités d’or (les fameuses). Mais pas question de révéler un patrimoine à l’humanité, ni même de vraie chasse au trésor, Gates veut juste être clean parce que la famille, c’est ça l’Histoire américaine, c’est sacré. National Treasure donc, patriotisme à gogo (avec le livre des présidents comme bible), ou comment l’Amérique s’invente cette place dans l’Histoire qu’elle désire tant avoir.

Ce qu’il y a de bien aussi avec Benjamin Gates, c’est sa modernité : du cinéma google (on passe d’un pays à l’autre en un clic) avec zéro suspens, chaque puzzle étant craqué en deux secondes par Nicolas Cage en encyclopédie Universalis vivante. Tout est fastoche : pénétrer dans le bureau de la reine à Buckingham ou celui de la Maison Blanche ; mieux, kidnapper le président américain pour causer du fameux bouquin qui nous dira pas qui a tué Kennedy (attention rire). Rien de retors, de compliqué, au pire Cage passe en mode hyper texte pour tout expliquer en une ligne de dialogue. Ça dure pourtant deux heures, ça ne s’arrête pas, on ne diverge jamais de l'histoire, sauf pour une ou deux micro intrigues parallèles. Il y a comme un procédé d’accumulation, toujours plus d’énigmes invraisemblables dans toujours plus de lieux symboliques, jusqu’à atteindre le summum du ridicule. C’est béotien et surtout à ne pas prendre au sérieux, donc au final plutôt rigolo et naïf, même si dans l’ensemble ça reste assez mal foutu.

Benjamin Gates et le livre des secrets
De Jon Turtletaub
Avec Nicolas Cage, Diane Kruger, Jon Voight, Helen Mirren
Sortie en salles le 13 février 2008

Illus. © Walt Disney Studios Motion Pictures France

Jérôme Dittmar