| . | Entretien avec Patrick Huard |
| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Entretien avec Rachida Brakni |
| . | Entretien avec George Clooney |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | La Frontière de l'aube |
| . | Being W. |
| . | Blindness |
| . | La Loi et l'ordre |
| . | Appaloosa |
| . | De la guerre |
| . | Vinyan |
| . | Cliente |
| . | Des trous dans la tête ! |
| . | Entre les murs |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Festival Shadows |
| . | Le 11 septembre au cinéma |
| . | Les films de l'été |
| . | Palmarès Cannes |
| . | Histoire du cinéma mexicain |
| . | Tous les dossiers ciné |



Un homme est tué par un affreux concours de circonstances. Sa femme est soudain confrontée au deuil, mais pour tenir bon face à ses enfants, elle invite un ami de son mari, drogué et asocial, à s’installer dans leur maison. Une sorte d’échange s’instaure entre eux. Gros casting (Halle Berry, Benicio Del Toro) pour le passage à Hollywood de la cinéaste allemande Susanne Bier, qui parvient pourtant à garder l’essence de son style.
Alain Souchon proposait de passer l’amour à la machine, et bien Susanne Bier semble appliquer cette idée à la lettre. L’amour est celui du disparu, la machine est sa caméra, toujours au plus près des corps et des visages, dans l’action, comme au cœur des violents sentiments qui se déploient entre les personnages. La perte, la mort, tout comme les retrouvailles inattendues d’un père avec sa fille dans After the wedding, son précédent film, les scénarii ultra-lacrymaux qu’affectionne la cinéaste sont des manières de poser la question de la dynamique qui relie les individus entre eux. Dépassés par les évènements, ses personnages sont ainsi des figures sous tension, et sa caméra et surtout son sens du montage, syncopé et haletant, nous plongent dans une matière qui dépasse largement le simple récit.
Si ce style très personnel se retrouve dans ce film, il trouve pourtant ses limites, contrarié sans doute par le cadre hollywoodien. Si After the Wedding s’inventait une temporalité inédite, faite de parcelles d’états, comme une écriture proustienne accélérée, Nos Souvenirs brûlés est un peu écrasé par le lourd pathos de ses personnages : une Halle Berry héroïque en femme en deuil et un Benicio del Toro dont les scènes de manque se répètent et se prolongent jusqu’à l’overdose. Si le mélo est un peu sa limite, Susanne Bier signe un film qui touchera sans doute le grand public, mais on espère que cela ne la détournera pas complètement de ce chemin si particulier qu’elle commençait à tracer.
Nos souvenirs brûlés
De Susanne Bier
Avec Halle Berry, Benicio del Toro, David Duchovny
Sortie en salles le 30 janvier 2008

Illus. © Paramount Pictures France