Ce soir sur M6, débute la diffusion de Californication avec David Duchovny. L'ancien héros de X-files réussit un come-back triomphant dans cette série chaude, sarcastique mais un peu superficielle dans laquelle il interprète un écrivain en mal d’inspiration.
David Duchovny réussit un retour fracassant sur Showtime avec Californication. La série, dont la première saison s’est achevée il y a quelques mois aux États-Unis, a été achetée par M6 en octobre dernier au MIPCOM de Cannes pour la somme de 141 350 dollars par épisode (source Hollywood Reporter). Canal+, qui tentait de se l’approprier, n’a pas jugé qu’elle méritait ce prix. La durée d’un épisode n’excédant pas les vingt-cinq minutes, on peut les comprendre.
Californication est présentée comme une comédie (i.e. il y a du sexe) adulte (i.e. les dialogues sont ponctués de Fuck à toutes les sauces). Hank Moody (David Duchovny) est un écrivain new-yorkais qui a récemment quitté la côte Est pour Los Angeles après que les droits d’un de ses livres ont été achetés pour une adaptation cinématographique, transformant son chef-d’œuvre cynique en romance minable à succès. Mais le changement de température et le soleil lui ont fait perdre son mojo, sa compagne et sa fille. Karen (Natascha McElhone) l’a plaqué pour une relation avec un homme plus mature et posé, Bill (Damian Young). Becca, douze ans, gamine hyper douée, a suivi sa mère et s’est lancée dans une carrière à succès - les parents sont aveugles face à leur progéniture - de chanteuse / guitariste dans un groupe de rock pour lequel elle écrit des chansons lourdes de sens. Mia (Madeline Zima qui était Grace dans Une Nounou d’enfer et qui a grandi depuis) est la fille du premier mariage de Bill et amoureuse de Hank, son auteur favori. Pour compléter cette brochette de personnages folkloriques, il y a l’agent de Hank, Charlie (Evan Handler, vu dans Studio 60), homme marié mais qui se laisse aller à des penchants SM avec son assistante, Dani (Rachel Miner). Ce microcosme, Tom Kapinos (créateur de la série et ex producteur exécutif de Dawson) s’amuse avec comme un gamin devant une ferme à fourmis.
Faux verni, vrai marketing
Ainsi, Hank est un queutard désespéré qui tente de regagner l’amour de sa femme qui elle-même semble l’aimer encore. Il ne peut s’empêcher de baiser des belles filles qui ont la moitié - voire le quart - de son âge et qu’il croise au supermarché, au feu rouge dans sa voiture, sur la plage ou dans une soirée. Jamais (ou presque) il ne fait le premier pas, c’est au contraire elles qui se jettent sur lui, impuissant qu’il est à refuser. Ah ! ces demoiselles de vingt ans gentiment superficielles qui succombent à son charme de quinca désabusé…
Objectif double d’un point de vue marketing : les mâles de 18-40 ans se rincent l’œil en regardant des filles plantureuses ; ceux de 40-60 s’identifient à Hank et se rêvent doués des mêmes charmes. Et, sans peine, l’audience grimpe.
Du côté féminin, nous trouvons des femmes fortes au caractère trempé qui sont en fait les véritables dominatrices qui décident et prennent leur avenir en main. À chaque fois - que ce soit la femme de Charlie, son assistante, l’ex de Hank ou la fille de Bill - elles font progresser l’histoire dans un sens ou dans l’autre, flattant ainsi l’égo de toutes. La plus jeune est également la plus mature, d’autant qu’elle symbolise avec la subtilité d’un sémaphore le lien entre le père et la mère : le couple éclaté est appelé à se revoir à cause d’elle et l’argument de Hank pour revenir avec son ex « ce serait mieux pour Becca » n’est pas oublié.
Mais ça ne suffit pas. Il faut aussi un peu de piment alors on rajoute quelques séquences SM, une trouvaille intéressante avec des pinces à seins et enfin une scène lesbienne sans laquelle une série provocatrice ne serait pas provocatrice.
Tout ceci sent le formatage et derrière ce qui semble être une analyse glaçante de la Californie frivole, nous trouvons une série superficielle et immature avec ce qui est probablement le pire générique de la télévision de cette année qui sonne sooooooo eighties.
Bukowski, caution morale
Si l’on cherche cependant derrière ce côté marketing un peu désespérant, on peut trouver de quoi s’intéresser à Californication. Bien qu’une filiation avec Bukowski soit souvent commentée, elle n’est toutefois pas revendiquée par Tom Kapinos qui explique avoir voulu créer la série que personne n’avait encore créée (selon entretien sur le site de Showtime) en se fondant sur son expérience personnelle : ce qu’il a vécu lorsqu'à trente ans ses amis se sont mis en couple, ont eu des enfants et devaient demander l’autorisation de leur femme pour avoir le droit d’aller au cinéma. « Hank a refusé cela », dit-il, « ce qu’il paye par la séparation d’avec Karen ».
Certains aspects de la série peuvent sembler intéressants. C’est déjà le retour de David Duchovny dans un rôle qui lui colle parfaitement et qui met en avant le côté moody de Hank. Les répliques sont bien trouvées, les dialogues sarcastiques à souhait, les situations explosives. C’est également un regard sans concession sur la masculinité où, à raison, les hommes sont considérés tels des bites sur patte. Hank tente d’être autre chose et quand il y arrive, il se montre charmant et délicat. C’est que le personnage n’est pas qu’un cynique imbu de lui-même, il est franc, honnête et se cherche.
Et finalement, à trop vouloir en faire un personnage ambigu, il devient difficile de comprendre où il se situe. Et cette ambivalence fonctionne parfaitement dans la série et lui confère son aspect le plus intéressant, à savoir une véritable humanité, aspect quelque peu éludé par une fin en forme de happy end invraisemblable.
À voir ce que cela deviendra dans la saison deux déjà prévue.

Illus. © Showtime Networks Inc.
Sur le web
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
Ving Rhames / Malcolm David Kelley /
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier

|
|
|
|
|
|
Zoom sur
David Lynch / Simon Astier / Harry Roselmack / Frédéric Taddéi / Virginie Efira / Michel Denisot / Laurence Ferrari / Karl Zéro / Jean-Luc Delarue / Thierry Ardisson / Jamel Debbouze / Daphné Roulier / Claire Chazal / Wentworth Miller / Mélissa Theuriau / Geneviève de Fontenay
- KOH LANTA 6 : Brésil ou Vanuatu ?
- La nuit de la provocation et du mauvais goût
- "que du bonheur" (série tf1) qu'en pensez ...
- nuit du catch