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Petite histoire du cinéma de Hong Kong (9/10)
Le mélodrame cantonais reste assez méconnu du public occidental. Films peu visibles, réalisateurs sans renommée chez nous, sans parler du fossé culturel, autant dire que c’est un pan entier qui reste caché et qui pourtant a eu son heure de gloire à Hong Kong.
La tragédie du mélodrame cantonais est donc la famille, ciment absolu de la société chinoise. Ses personnages sont généralement des femmes vertueuses sacrifiant leurs plus belles années sans obtenir de reconnaissance sociale. Elles sont malheureuses, parfois sont forcées de se prostituer pour élever leurs enfants, les films justifiant leurs actes de la façon la plus noble possible. On retrouve aussi régulièrement le schéma d’une mère s’opposant au mariage de son fils, la laissant ainsi dans des situations invivables où elle est obligée de se repentir et souvent de perdre son fils. La misère, vécue comme une fatalité, est également un thème récurrent du genre jusqu’à la fin des années 1950, époque où les conditions matérielles de la population s’améliorent. L’évolution thématique et stylistique de la décennie suivante n’évolue guère. Ainsi malgré quelques beaux films comme The Orphan (1960) ou Her Tender Heat (1959), produit par la Cathay et avec Lucilla You Min, surnommée l’Audrey Hepburn de Hong Kong, le genre succombe face à la concurrence des productions en mandarin tournés avec davantage de moyens. Le genre disparaît alors vers la fin des années soixante, pour réapparaître ponctuellement dans les années 1990, mais sans ses conventions traditionnelles. On peut parler désormais d’aspect mélodramatique, sinon plus communément de comédie sentimentale, inspirée du modèle américain. Toutefois, on peut considérer que l’un des plus grands mélo des années 1990 (quoiqu’il ne corresponde pas au schéma classique) a été tourné par Tsui Hark, The Lovers (1994). Peut-être son plus beau film, le plus tragique.

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