| . | News arts |
| . | Photographie |
| . | Design |
| . | Billetterie expos |
| . | Entretien avec Claude Lévêque |
| . | Ed Fox : entretien avec un photographe fétish |
| . | Interview Alain Dister |
| . | Marc-Olivier Wahler en interview |
| . | Claude Closky |
| . | Orlan en interview |
| . | Les interviews Arts |
Au musée d'art moderne de la ville de Paris
On ne connaissait pas ou presque, en France, cette peintre finlandaise, Helene Schjerfbeck adulée sur ses terres. C'est désormais chose faite avec une rétrospective au Musée national d'art moderne. 125 peintures, dessins, aquarelles et documents y témoignent d'une vie singulière à l'écart du monde et d'une oeuvre exceptionnelle, qui évolua peu à peu du naturalisme à l'épure et fit la part belle aux autoportraits dans un glissement bouleversant de la vie vers la mort.
Destin singulier
Toute son oeuvre peut se lire à l'aune d'un destin singulier et tragique. Blessée dans une chute d'escalier à l'âge de 4 ans, elle en garda une forte claudication toute sa vie, et était de santé fragile. "Une constitution faible m'empêche de beaucoup travailler (...). Je travaille en cherchant la nature mais en ne la trouvant pas", écrit-elle dans une lettre à la Revue moderne des arts et de la vie, en novembre 1923.
Issue de milieu modeste, elle perdit nombre d'êtres chers (deux frères et soeurs, son père) et vit sa vie amoureuse chargée de déceptions: des fiançailles avec un peintre anglais rompues brutalement (en 1885), un amoureux secret fiancé à une autre (en 1919). Sans doute cela a-t-il contribué à une forme de tristesse qui se lit dans ses tableaux.
Helene Schjerfbeck vécut longtemps, toujours à l'écart du monde. Ses seuls sujets sont alors son environnement proche. Des enfants, une couturière, de vieilles dames. Qui lisent, rêvent, se reposent sur de larges fauteuils à bascule, les mains jointes. Là, tout n'est que calme et méditation. Une sérénité mélancolique affleure.
Un temps, entre 1915 et 1919, quand elle croit un amour possible avec son ami -et grand spécialiste de son oeuvre- Enar Reuter, sa peinture prend un tour nouveau: la brume claire laisse place à des couleurs chaudes, vives. Les corps se dénudent. Les chevelures des femmes sont rousses, les décors jaunes. C'est l'ère de la sensualité.
Qui ne durera pas. Revenue à sa solitude, l'artiste renoue avec l'exploration des paysages ("Le morne automne est une puissante communion"). On les découvre dans les vastes espaces aux murs blancs du musée d'art moderne, sur des supports variés, huile sur toile et sur carton, fusain et aquarelles. Ou sous forme de dessins et lithographies dans cette petite pièce aux murs parme, cabinet de curiosités qui mêle oeuvres et documents propices à une plongée dans l'intimité de l'artiste: photos de familles, lettres et livres...
Autoportraits glaçants
Enfin, elle se peint elle-même, retirée à Ekenäs. On touche à l'essence de son oeuvre, la partie la plus magnifique, la plus bouleversante. Toute sa vie, Helene Schjerfbeck aura pratiqué l'autoportrait. Mais leur forme change au fil du vieillissement du modèle. Confrontée à sa propre décrépitude, elle en dresse un constat sans concession.
Au tout début (1884), les traits sont précis, le teint rosé, les joues rondes, la chevelure blonde. Elle esquisserait presque un sourire. Peu à peu, la forme évolue. Il y a d'abord ce regard, mêlé de stupeur et d'effroi -le même en vérité que celui qu'on lui découvre sur une photo en noir et blanc accrochée dans une des salles de l'exposition-. Ces yeux qui s'écarquillent de plus en plus, ces traits qui se cernent. Et puis surtout la figuration, qui laisse peu à peu place à l'épure. La peintre gratte, frotte, racle pour enlever toute trace de trop plein. Ses derniers autoportraits, qu'on découvre dans une salle intitulée "Les dernières années" sont glaçants : les orbites se creusent (Autoportrait à la tache rouge, 1944).
Sur l'un d'entre eux, en lieu et place d'un visage reconnaissable, cinq trous noirs pour les yeux, le nez et la bouche; les traits s'abîment et rapprochent un peu plus l'artiste de son rendez-vous avec la mort. Son titre? "Autoportrait d'une vieille artiste peintre".
- Helene Schjerfbeck,
Au Musée d'art moderne de la ville de Paris (www), jusqu'au 13 janvier 2008.
- Table ronde à l'Institut finlandais, 60 rue des Ecoles, le 10 janvier à 18h.

Illustrations :
Helene Schjerfbeck
- Détail de Nature morte aux pommes norcies
- Jeune fille d'après la tapisserie
- Autoportrait à la bouche noire
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Grafitti à la Fondation Cartier
Consacrée au graffiti et au street art, l’exposition Né dans la rue met en lumière la vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York...
Palestine à l'Institut du monde arabe
L'Institut du monde arabe présente 19 artistes témoignant de la vivacité de la jeune scène contemporaine palestinienne.