C’est une lutte qui se prépare à l’échelle du web. Opposant sites de rencontres et réseaux sociaux sur le marché de l’amour. Meetic propose un service payant, spécialisé et privé qui a ses nombreux adeptes. Facebook engendre des inscriptions à la pelle avec un service gratuit, un réseau mi-public mi-privé et la possibilité de rencontrer n’importe qui. Décryptage de deux sites, deux stratégies, deux modèles économiques.


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Chaque semaine, Facebook compte 200 000 inscrits en plus. La moitié des membres y consulte sa page personnelle quotidiennement. En peu de temps, le réseau social a réussi à proposer un nouveau style de plateforme réunissant vie privée et vie publique en une seule page. De quoi ajouter une concurrence féroce aux sites de rencontres.

On avait déjà eu droit à SexSpace au lieu de MySpace, Facebook est depuis devenu Fessebook. Car discrètement, en permettant à tout un chacun de créer son propre réseau d’amis en ligne, Facebook favorise les rencontres. L’élu(e) de son cœur ne se trouverait-il pas chez les amis de mes amis ? Avec des applications comme « Perfect Match » (appli) ou « Are you interested ? » (appli), le « poking » comme technique de drague, Facebook se met à faire du Meetic. Au point d’avoir la capacité de faire trembler le premier site de rencontres d’Europe.

Mais les réseaux sociaux, aussi efficaces soient-ils, ne proposent pas le même service que les sites de rencontre. Payants et spécialisés dans la recherche de l’amour, ils gardent une bonne audience malgré la déferlante du web 2.0. L’avenir dira qui, des deux modèles économiques, résistera le mieux.

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« Are you interested ? », « Will you kiss me ? », « Hot or not » : autant d’expressions qui rencontrent un large succès sur Facebook. Savoir si vos amis vous trouvent charmant, s’ils souhaitent vous embrasser ou plus si affinités, ce n’est qu’un début…
La suite se situe dans la rencontre. Et Facebook facilite la chose par des applications où l’on joue franc-jeu. « Meet new people » (appli) trouve celui ou celle qui nous plaît dans un espace privé et uniquement dédié à la rencontre. « Perfect match », « Who is your ideal mate ? » (appli) sont pour ceux qui veulent aller un peu plus loin dans la recherche de la personne idéale. Sans oublier les applications comme « Flirtable » (appli) , conçu comme un véritable jeu de pistes. Les photos défilent, un simple clic permet de pêcher celui ou celle qui se révèle « flirtable ».
La rencontre sur Facebook, c’est donc un curieux condensé de tout ce qui se fait, jusqu’aujourd’hui, en matière de rencontres sur Internet. Un supermarché mondial où membres utilisent tous les moyens pour se connaître. Dont un signe qui va au-delà de toutes les différences : le « poke ».

La drague par "Poke" interposé ?
Un simple lien près de la photo d’un membre : « poke him » ou « her ». A côté, un index pointeur. Le « poke » semble donc, a priori, ne désigner qu’une simple pichenette innocente. Mais il est devenu une redoutable arme de séduction. Entre membres de Facebook, le poke a pris un sens troublant.
Il y a le simple « poke » entre potes, comme pour saluer sans se donner la peine d’écrire un e-mail. Puis il y a la drague, les choses sérieuses. « Poke » signifie généralement pousser, mais aussi, et pourquoi pas, fourrer. Poker un membre demeure donc le meilleur moyen de lui avouer qu’on est tombé sous le charme sans oser le dire. A cela, deux réponses possibles : « poke back », retourner le compliment, ou « remove poke », envoyer le prétendant dans les choux.
Au cas où l’on a contrepoké, le petit jeu peut s’ensuivre jusqu’à ce que les doigts s’engourdissent sur la souris. A l’un ou l’autre, alors, d’envoyer le premier message. La séduction fera le reste.

A noter : certains contestataires remettent en cause ce système, au point d’avoir créé le groupe « Enough with the poking, let’s just have sex » (Marre de poker, on baise).

Homme-femme sur Facebook, mode d’emploi
Si Facebook avait un sexe, il serait sans nul doute féminin. Parcourir les réseaux créés par le site dans le monde entier donne une idée plutôt précise du sexe des membres. Et c'est aux Etats-Unis et au Canada, où Facebook est bien implanté, que les femmes sont les plus nombreuses sur le réseau social.

Le reste du monde compte de nombreux membres qui ne spécifient pas leur sexe, mais les pays occidentaux comptent en majorité plus de femmes que d'hommes. Là où Facebook n'en est qu'à ses débuts, comme en France, la parité est respectée (30% pour chacun des sexes, 40% non spécifiés). Et seuls les pays où la condition féminine laisse à désirer, comme l'Egypte ou l'Inde, comptent plus de membres masculins sur Facebook.

Verdict : si Meetic et Match n'arrivent pas à attirer les femmes, Facebook a sans doute réussi à devenir le repère des dragueurs invétérés.

Faris Sanhaji



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